Bons plans sorties: Stellar Swamp, Kraak, Grave, Mitchum...

03/03/17 à 13:40 - Mise à jour à 13:42

Comme chaque semaine, Focus se fait un point d'honneur à pointer les meilleurs concerts, sorties ciné, expos ou clubbing pour pimenter vos week-ends.

Mitchum à la Cinematek

Jusqu'au 26/05 à la Cinematek, 9 rue Baron Horta, 1000 Bruxelles. www.cinematek.be

El Dorado

El Dorado

Sa définition des talents requis pour être un acteur est restée fameuse: "Connaître ses répliques et éviter de se cogner aux meubles." Un point de vue laconique, relativiste, détaché, comme les affectionnait le grand Robert Mitchum, "bad boy" patenté de Hollywood et comédien d'une rare puissance, auquel la Cinematek rend hommage dans un vaste programme s'étendant de mars à fin mai. L'homme aura donné bien des soucis aux responsables des studios, comme à l'automne de 1948, quand il fut arrêté pour possession et utilisation de marijuana (avec à la clé une sentence de 60 jours en prison). Il soutient aussi avoir expédié son poing dans la figure d'un policier, ce qui n'amusa que très modérément les services presse et juridique de la RKO, où il était sous contrat à l'époque... Devant la caméra, "Mitch" était par contre un cadeau! Une combinaison de force tranquille (quasi minérale, parfois), de pure présence animale et de charme langoureux, le regard du séducteur et celui du tueur potentiel étant aussi proches que ses deux mains tatouées, l'une avec "LOVE" et l'autre avec "HATE", dans le chef-d'oeuvre de Charles Laughton The Night of the Hunter (1955). Un film où il incarne de saisissante façon un pasteur assassin de veuves qu'il dépouille sans l'ombre d'un scrupule après les avoir épousées puis tuées... Le film noir fut logiquement un des genres favoris du grand (1m85) Robert. Et cela de Undercurrent (Minnelli, 1946) au remake de Cape Fear par Scorsese (1991) en passant par Crossfire (Dmytryk, 1947), Out of the Past (Tourneur, 1947), The Big Steal (Siegel, 1949), Where Danger Lies (Farrow, 1950), Angel Face (Preminger, 1952), le Cape Fear original de 1962 et l'attachant Farewell, My Lovely (Richards, 1975). Mais c'est au western qu'il doit ses plus gros succès populaires, notamment River of No Return (Preminger, 1954) et El Dorado (Hawks, 1967). Mitchum a tourné 135 films au total. La rétrospective de la Cinematek en propose une bonne trentaine, les meilleurs. (L.D.)

Stellar Swamp

Les 03 et 04/03 à l'Atelier 210 et au Magasin 4, Bruxelles. www.stellarswamp.be

Après une première soirée concert à l'Eden de Charleroi, une Blackout spéciale au 210 et une soirée expo et cinéma au Ciné Galeries, le festival psyché bruxellois emmené par Valérian Meunier (Moaning Cities) déroule ce week-end le gros de son programme. Soit deux soirées à l'Atelier 210 et au Magasin 4 regroupant le meilleur de ce qui se fait à l'heure actuelle en musiques psychédéliques sur la scène européenne. Avec notamment The Underground Youth, Boda Boda, Ah! Kosmos, The Lucid Dream, Giobia...

>> Notre interview de Valérian Meunier: le psyché européen, "pas juste des groupes qui suivent la mode US avec deux ou trois ans de retard"

KRAAK festival

Du 03 au 05/03 au Beursschouwburg, Bruxelles. www.kraak.net

KRAAK est un label et un organisateur d'évènements qui met en avant la musique d'avant-garde et la pop déconstruite. Le festival qu'ils organisent depuis 2004 revient du 3 au 5 mars pour sa deuxième édition bruxelloise au Beurschouwburg. Au programme de ces 3 jours de festivités, une grosse dose de musique alternative et expérimentale de tous styles et origines confondues, mais aussi une foire aux disques et un brunch le dimanche. La soirée du vendredi sera animée par le duo français Nibul, l'anglais Steven Warwick ou encore le belge Hiele Martens. Le samedi, la journée commencera à 14h pour se finir aux petites heures et le dimanche, il sera possible d'accompagner ses envies musicales d'un peu de nourriture.

Cirque tout schuss

Hors pistes, du 03 au 24/03 aux Halles de Schaerbeek, www.halles.be

Bons plans sorties: Stellar Swamp, Kraak, Grave, Mitchum...

© RAYNAUD DE LAGE CHRISTOPHE

Pour sa neuvième édition, le festival de cirque contemporain des Halles de Schaerbeek sort les bougies et le gâteau pour fêter les dix ans de Carré Curieux. Cette compagnie formée par quatre étudiants sortis de l'Ecole Supérieure des Arts du Cirque de Bruxelles (ESAC) présentera son Carré curieux, où se côtoient notamment mât chinois, jonglerie et diabolo, et un Cabaret curieux festif et rempli d'invités surprises. Si ce Hors Pistes fait la part belle à d'autres artistes formés à l'ESAC (Petri Dish avec Driften et Expiry Date, Circoncentrique avec Respire, Menteuses avec À nos fantômes), son horizon dépasse le périmètre bruxellois avec la compagnie française De Fracto et son duo de jongle Flaque, avec les contorsions mélancolico-humoristiques de Piergiorgio Milano, formé au cirque à Turin et Toulouse mais aussi à la danse à Amsterdam, les acrobaties aériennes du collectif basé dans le Val de Loire Chepteil Aleïkoum et les délires carnavalesques de la compagnie franco-catalane Cridacompany. (E.S.)

Théâtre en tube

Should I Stay or Should I Stay, du 28/02 au 04/03 au Théâtre de la Balsamine, Bruxelles. www.balsamine.be

Bons plans sorties: Stellar Swamp, Kraak, Grave, Mitchum...

© HICHEM DAHES

Les tubes éculés, remis dans un contexte artistique, reprennent souvent de l'éclat. Dernier en date: l'Adagio d'Albinoni dans le superbe film Manchester by the Sea. Au théâtre, le tubese ramasse à la pelle: This Is Not a Love Song, We Are the World, Exit Music (For a Film), Bohemian Rhapsody, Lascia ch'io pianga (Haendel) et même Je te promets de Johnny Hallyday! Efficace. L'émotion "tube" séduit rapidement son spectateur, joue la madeleine de Proust, installe une atmosphère, mais se pointe presque toujours en écho aux propos de la pièce, d'une scène, d'un personnage. On le croise en version acoustique, chanté par les comédiens (à faire vibrer la salle) ou à fond les décibels (imaginez Guns of Brixton des Clash dans... Unennemi du peuple d'Ibsen). Le tube et le théâtre. On a repensé à tout ça avec Should I Stay or Should I Stay, jeune création à venir détournant le titre des Clash, orchestrée par Simons Thomas (texte et la mise en scène). Le thème: l'inertie existentielle en forme de rappel "à se mettre en action, à rester vivant". Le pitch: quatre anti-héros "coincés dans une pièce alors qu'il suffirait juste d'ouvrir la porte". L'ambiance s'annonce "décalée", inspirée de la BD, du cartoon, des jeux vidéo et de l'humour comme politesse du désespoir... (N.A.)

Bonello dans le rétro

Jusqu'au 19/03 (avec rencontre le 18/03) à la Cinematek, 9 rue Baron Horta, 1000 Bruxelles. www.cinematek.be

L'Apollonide

L'Apollonide

Les fascinants mystères de son dernier film en date, Nocturama, ne se sont pas encore dissipés que la Cinematek a la très bonne idée d'offrir une rétrospective de son oeuvre. Bertrand Bonello s'était révélé au tout début du siècle, avec Le Pornographe, puis avait connu la consécration avec L'Apollonide (Souvenirs de la Maison Close) en 2011 et Saint Laurent en 2014. L'oeuvre du natif de Nice, âgé aujourd'hui de 48 ans, est sans nul doute une des plus surprenantes et des plus singulières du cinéma français. Irréductible aux modes comme aux conventions, Bonello filme où le mènent son désir, sa curiosité. Musicien de formation (il accompagna Françoise Hardy, Elliott Murphy et Gérald de Palmas, entre autres), il prit le chemin du 7e art avec un court métrage adapté d'un texte de Pier Paolo Pasolini. Qui je suis (1996) ouvrira logiquement l'intégrale de mars à la Cinematek. Un programme où figurera en bonne place, outre les films déjà cités, le controversé Tiresia, réflexion sur l'identité autour d'un transsexuel, qui fit débat (houleux) au festival de Cannes 2003. Et aussi l'émouvant hommage qu'est Ingrid Caven: Music and Voice (2012). Sans oublier les trop peu vus Quelque chose d'organique (1998, son premier long métrage) et De la guerre (2008, inspiré par... Clausewitz). Ni les courts formats, que Bertrand Bonnello continue à pratiquer de fort belle manière jusqu'à aujourd'hui. Plus qu'une rétrospective: un voyage au pays d'un artiste à nul autre comparable! (L.D.)

Grave

Le 03/03 au Quai 10, Charleroi. www.quai10.be

Grave de Julia Ducourneau

Grave de Julia Ducourneau © Wild Bunch

Remarqué au festival de Toronto (où plusieurs spectateurs se sont évanouis pendant la projection du film), grand prix et prix de la critique au festival de Gérardmer, le premier film de Julia Ducournau traîne déjà une sacrée réputation avant sa sortie en salles, le 15 mars prochain. Focus vous propose, en partenariat avec Quai 10, de le découvrir avant tout le monde, en présence de l'équipe du film, avec une afterparty (gratuite) pour couronner le tout.

Guts

Le 04/03, à la Bodega, 1080 Bruxelles. www.strictlyniceness.com

Beatmaker historique de la scène hip hop française (Alliance Ethnik, Sages Po, etc.), Guts, alias Fabrice Henri, sera l'invité de marque de la prochaine soirée Strictly Niceness.

Actionnaires #19

Le 03/03, au Barlok, avenue du Port 53 bis, 1000 Bruxelles. www.actionnaires.be

En collaboration avec la Compilothèque, les soirées Actionnaires s'installent au Barlok ce vendredi. Après un concert remarqué en septembre dernier au Brass, Nova Materia revient présenter son nouveau EP, en compagnie des expérimentateurs noisy Tropical Horses et de la moitié de Front 2 Cadeaux, Athome.

Good Luck with the Future

Rita Puig-Serra Costa et Dani Pujalte, Galerie Cerami, route de Philippeville 346, à 6010 Charleroi. Jusqu'au 11/03. www.galeriecerami.be

Bons plans sorties: Stellar Swamp, Kraak, Grave, Mitchum...

© AUTOROUTE, SHANGHAI 2015 © RITA PUIG-SERRA COSTA ET DANI PUJALTE

La photographie a permis à Rita Puig-Serra Costa d'écrire une émouvante lettre d'adieu à sa mère emportée par la maladie. Publié en 2014 sous la forme d'un livre aux éditions du Lic, Where Mimosa Bloom a immédiatement subjugué le galeriste Jacques Cerami. C'est plus que compréhensible: l'approche se voulait éminemment sensible, s'arrêtant sur les objets et les personnes qui ont joué un rôle déterminant dans la vie de la défunte. Éventails, sculpture brisée, images du passé et autres petits riens de l'existence... Il se condensait là une émouvante poétique de la disparition. Aujourd'hui, la photographe catalane revient en duo avec Dani Pujalte dans la galerie de Couillet. Cette fois, ce n'est plus le passé qui est en ligne de mire mais bien le futur, temporalité plus effrayante et incertaine que jamais. L'accrochage est restreint, une petite quinzaine d'images au total, il n'en est pas moins percutant. Il se comprend comme une "exploration de l'avenir" et comme une tentative de rendre compte de la perception que peut en avoir la génération de tous ceux qui sont nés dans les années 80. Le constat est hétéroclite. Une mer démontée fait place à un siphon qui promet de nous emmener droit vers le fond, cliché d'une beauté effrayante. Plus loin, une lumière luit, promesse d'un jalon dans la nuit noire. Il y a aussi ce paysage islandais inhabitable que traversent des chemins jamais empruntés. Tout aussi déroutant, ce plan large d'un noeud urbain de Shanghai. Réduite à sa portion la plus étriquée, la nature y est cernée. Les voitures circulent à la faveur d'un flux incessant. Dans ce monde-là, on ne circule pas, on est véhiculé, emporté à travers le béton et l'acier par la machine. Le propos culmine dans deux prises de vue juxtaposées. Sur la première, un miroir posé sur les rochers reflète le bleu du ciel. À sa droite, le miroir est brisé. La fin de l'idéal? Pas tout à fait, il reste les fragments pour entrevoir la fragile perspective céruléenne. (M.V.)

Sorties ciné de la semaine

Bons plans sorties: Stellar Swamp, Kraak, Grave, Mitchum...
Le film de la semaine: 20th Century Women **** de Mike Mills, récit d'apprentissage seventies;

Logan ****, neuvième incarnation de Wolverine par Hugh Jackman, une belle surprise qui ne manque pas de tranchant;

Chez nous ***, le film sur le Front National de Lucas Belvaux;

T2 Trainspotting ***(*), bien au-delà du seul plaisir nostalgique;

Patients ***(*), l'adaptation simple et attachante du livre de Grand Corps Malade;

My First Highway ***, une atmosphère troublante.

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