Philippe Cornet
Philippe Cornet
Journaliste musique
Opinion

26/11/10 à 10:02 - Mise à jour à 10:02

Y a plus d'urgences

Ils sont venus, ils sont tous là, pour l'ultime et 15e saison de Urgences, enfin parue en DVD. Y compris George Nespresso Clooney, dans la plus longue série prime time médicale de l'histoire de la télé us. Respect.

Par Philippe Cornet

Il aura fallu 19 mois après la diffusion du dernier épisode sur NBC en avril 2009 pour que la quinzième saison d'Urgences atterrisse enfin dans le mange-disques. Amateur têtu possédant les 14 saisons précédentes, on a refusé de regarder la chose en version française sur Télé-Luxembourg ou en option Internet avec image pixelisée façon échographie couleurs. Le premier épisode élimine d'emblée Greg Pratt (Mekhi Phifer), protagoniste central depuis la saison 8, black comme sa bio un peu blessée d'enfant abandonné par papa (retrouvé devant la caméra, cela va de soi). On ne perd pas de temps: le troisième épisode fait disparaître Abby Lockhart -qui se casse à Boston-, présente depuis la 6e saison. Là, c'est (encore) plus dur parce qu'on est entré en symbiose avec cette infirmière devenue doctoresse intégrale, issue d'une famille bipolaire, comme il se doit, amplement visitée par la série. Et comme si une erreur médicale ne venait jamais seule, cette jolie brune (Maura Tierney, 1965) a traversé, dans la vraie vie, un cancer du sein à l'été 2009: croisement troublant de la fiction où lors de la saison 12, Abby/Maureen passait une mammographie. Négative. C'est le côté attachant d'Urgences: en même temps qu'un champ opératoire qui gicle dans tous les sens, elle bâtit un champ privé, souvent amoureux et en arborescence. Un personnage amène à une famille ou des amis qui finiront inévitablement un jour aux Urgences. A l'intérieur même du Cook County de Chicago -hôpital de fiction installé sur les plateaux Warner de Burbank, Californie, on devient un patient télévisuel qui ne rompt pas avec la réalité. On s'attache aux parcours persos, aux drames, morts et divorces, ruptures et retrouvailles, éternels schémas de la fiction à rebondissement.

Fort de café

Urgences en est bourré avec cette méthode américaine où les scénaristes travaillent en équipe jusqu'à se faire suer le burnous, mettant en exergue l'inégalitaire système de santé US ou trouvant des astuces pour faire revenir dans cette ultime saison les anciennes stars de la série ayant pris congé: John Carter (Noah Wyle), Mark Green (Anthony Edwards) ou Elizabeth Corday (Alex Kingston). L'une des arrivantes de cette dernière saison: la nouvelle responsable des Urgences est le Docteur Cate Banfield, jouée par Angela Bassett, qui a déjà interprété, au ciné ou à la télé, la mère de Michael Jackson, celle de Notorious B.I.G. ou la bombe Tina Turner jeune. Là, elle incarne une quadra qui tente d'avoir un enfant, 10 ans après que son fils fut mort au Cook County. Son mari dans la série est aussi son mec dans la life: encore un chassé-croisé sur le vrai et le faux. Mais la confusion a ses limites: ainsi, George Clooney, disparu à la saison 5 pour commencer la carrière au cinéma que l'on sait, réapparaît au 19e des 22 épisodes finaux: sans que la prod n'ai pensé à remplacer l'immonde distributeur à café de la salle de garde par une Top Nespresso. Mesquin...

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