Philippe Cornet
Philippe Cornet
Journaliste musique
Opinion

04/11/11 à 12:53 - Mise à jour à 12:52

Serial sortie

Après 2 versions d'un même album aux parfums gainsbourgiens, l'ex-rocker Vincent Liben revient avec sa brassée de chansons charmeuses et quelques titres nouveaux. La troisième fois pourrait être la bonne.

La chronique de Philippe Cornet

Fin 2008, Vincent Liben, connu pour son leadership de Mudflow, sort un premier album de chanson française aux couleurs seventies, entre Yves Simon et Serge G. Le titre, Tout va disparaître, est prémonitoire puisque le disque avorte sec pour cause de sérieuse dissension avec la partenaire vocale, jeune actrice belge inconnue au bataillon, Edwige Bailly. L'album part au pilon. Pour des raisons qui ne peuvent être exposées publiquement -l'affaire a été réglée par avocats interposés-, Vincent réenregistre à ses frais les vocalises féminines avec une autre chanteuse bruxelloise -Stéphanie Croibien-, repaie le pressage et ressort Tout va disparaître, toujours chez les indépendants belges Viva Nova/T4A.

Tout doit disparaître

Sur une photo de la pochette intérieure, Edwige a disparu: on dirait un vieux truc coco quand Staline gommait Trotski de son histoire réécrite, sauf que cette fois-ci "Vincent Staline" semble avoir raison. "Il fallait que je règle tout cela légalement pour pouvoir présenter mes chansons, cela valait les 5000 euros tirés de ma poche." Le succès est d'estime, peut-être 1000 exemplaires vendus, mais les morceaux sont séduisants. "Mon éditeur, Claude Martin, de T4A a alors loué les services d'un attaché de presse qui a fait le tour des labels français: AZ, Mercury, Sony étaient intéressés, mais à la française. AZ voulait que je reparte de zéro." Le diplômé en Communication appliquée de l'IHECS, né en 1975, finit par rencontrer les patrons d'une nouvelle boîte parisienne, Play On, dont les caisses se garnissent du carton commercial de Zaz. "Ils voulaient d'autres titres, j'ai donc tout réenregistré en corrigeant quelques détails originaux que je n'aimais pas. Rajoutant un duo avec Berry sur Mademoiselle Liberté." La rencontre du titre le plus catchy de Vincent et de la Française intimiste provoque une étincelle radiophonique dès sa sortie en avril 2011: "Cet été, je me suis retrouvé sur les play-lists de RTL France, Europe 1 et France Inter, il ne devait pas y avoir plus de 3 chanteurs francophones dans cette situation-là." Play On rachète le contrat d'artiste à Viva et T4A -restant co-éditeurs pour la Belgique- et accepte le travail de Vincent comme il est: "Cela n'a l'air de rien, mais ailleurs, chez Warner par exemple, ils voulaient me faire réécrire les textes parce qu'ils les trouvaient trop compliqués! Je suis dans un système commercial et je ne crache pas sur le succès de Zaz par exemple: ce sont ses ventes qui permettent à mon label de payer mon album qui est rentré vers la 100e place des charts français. Si on admet que le marché est super bouché, c'est plutôt bien." La nouvelle version de Tout va disparaître, baptisée Vincent Liben, compte 6 reprises du disque original et 6 nouveaux morceaux pour un global charnel et ressenti. Vincent jouera le 9 février au Botanique: d'ici là, on n'attend pas de quatrième version de la (jolie) chose.

Vincent Liben, Vincent Liben, distribué par PIAS.

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