Mélancoliques Syd Matters et The Bony King of Nowhere au BSF

20/08/11 à 00:56 - Mise à jour à 00:56

Dans une atmosphère générale plombée, deux dompteurs de fantômes mettent en musique le spleen depuis le Brussels Summer Festival.

Mélancoliques Syd Matters et The Bony King of Nowhere au BSF

© Noah Dodson

Ambiance de lendemain de veille douloureux ce vendredi au Brussels Summer Festival, de gueule de bois brutale. Le Pukkelpop évidemment... Et on apprend ce même vendredi la mort du cinéaste Raoul Ruiz (Les mystères de Lisbonne,Le temps retrouvé). On n'ose à peine vous rappeler le décès d'Amy Winehouse, le massacre en Norvège, la répression en Syrie, les émeutes en Grande-Bretagne... Bref, tout fout le camp cet été. Reste la musique: catharsis évidente, délivrée à deux maîtres du spleen pour la soirée. Comme pour rester raccord avec l'atmosphère générale.

C'est The Bony King of Nowhere qui se charge de planter le décor à 19h au Mont des Arts. Deux morceaux accompagné uniquement d'un guitariste, et Bram Vanparys a déjà mis l'assistance face à la grandeur de la sobriété, à la magie de la retenue. Et quand son groupe le rejoint, la voix du Gantois tutoie les anges et nous rappelle souvent Thom Yorke ou Jeff Buckley. On ne s'étonne pas de savoir The Bony King of Nowhere présent sur la bande originale du film Les Géants de Bouli Lanners, tant la poésie dépouillée fait partie intégrante du patrimoine génétique du groupe. Les ballades du groupe sont autant d'histoires de nuits sans amour que de jours à le partager. Tendre est la vie.

Autre artisan de mélancolie, le groupe Syd Matters vient couvrir la capitale de ses arrangements d'orfèvres et de son songwriting passé au brouillard. L'impressionnant Hi Life conserve en live la complexité mélodique du disque. La cadence des morceaux est juste. Les Français évitent de se vautrer dans la surenchère énergétique et misent sur la retenue. Et puis il y a le chanteur, Jonathan Morali, au physique porte-parole évident de sa musique. Un peu groggy, le corps absent, il fait de son statisme un captivant balais dépressif. Longue danse avec les fantômes, le set s'achève sans qu'on ait été distrait par la réalité. Et la mélancolie d'être rendue à la beauté.

M.M.

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