Serge Coosemans
Serge Coosemans
Chroniqueur
Chronique

05/02/18 à 08:51 - Mise à jour à 08:51

Les films macho encouragent autant la violence envers les femmes que le disco rend gay

Un certain féminisme moderne se défend de vouloir censurer des oeuvres d'art alors que celles-ci sont effectivement censurées. Et puis, on y va à la louche au moment de faire sa propagande jusque dans Star Wars. C'est d'autant plus niais qu'on sait que ça ne marche pas. Voici en guise de Crash Test S03E21 une opinion plus tranchée que Jennifer Jason-Leigh dans The Hitcher.

J'en suis venu à croire qu'il n'existe, en gros, que deux façons fondamentales d'aborder la culture. La première peut être vue comme une grande victoire du capitalisme : il n'y a plus de distinctions entre arts majeurs et mineurs et tout se consomme selon les goûts et les inclinaisons de chacun. La seconde descend, elle, en droite ligne du protestantisme du XVIIIème siècle : le plaisir procuré par une oeuvre n'est acceptable que si l'oeuvre se veut profonde, voire transcendante, qu'elle présente tout au moins un sens moral. Si elle est dénuée d'aspirations supérieures, elle encourage la bassesse, la sensualité, voire carrément la déviance. D'où cette fois une nuance franche entre arts majeurs et mineurs, pop-culture acceptable et pop-culture sensée uniquement flatter les instincts les plus bas. Quelques exemples : pour certains, la musique classique, un certain jazz et les drames psychologiques sont ainsi toujours perçus comme supérieurs au hip-hop, à la techno et aux films de karaté. Pour d'autres, un jeu de rôle avec des dés à seize faces et des petites elfes a forcément plus de valeur qu'un videogame immersif violent de type Call of Duty ou GTA. Et donc, on sait très bien d'où ça vient : des goûts personnels, bien entendu, mais aussi de résidus de puritanisme et même de restes de sentiments d'appartenance à des classes sociales. La musique classique, par exemple, ça reste chic, ça reste plutôt bourgeois. Quand on fait partie d'une classe se voulant dominante, de la "bonne société", il est presque obligatoire de se faire voir au Bozar en présence de la famille royale alors qu'il n'est en revanche pas du tout indiqué de se faire prendre en photo les bras en l'air à une Str...

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