Les Dirty Projectors n'ont pas projeté grand chose

04/07/10 à 20:57 - Mise à jour à 20:57

En fin d'après-midi, au moment où Vampire Weekend quittait la grande scène, c'était au tour des Dirty Projectors d'entamer leur concert au Marquee. Soit deux groupes new-yorkais, tous les deux sous influences africaines. Les premiers pour en tirer une pop solaire, les seconds pour creuser une veine plus expérimentale. Difficile en fait de faire plus branché que les Dirty Projectors, trois garçons, trois filles, qui collaborent aussi bien avec David Byrne que Bjork ou Rusko. De là à toucher le public de Werchter...

Les Dirty Projectors n'ont pas projeté grand chose

© Frederic Pauwels

S'il y a bien un avantage aux festivals, ce sont les rencontres qu'elles permettent. Pour le public qui peut découvrir des groupes qu'il ne connaît pas. Et, à l'inverse, pour les groupes qui ont là l'occasion de toucher une nouvelle audience.

Pas certain que les Dirty Projectors en ont vraiment profité. Leur pop indé est certes complexe, mais pas non plus compliquée. Il ne suffirait pas de grand-chose pour qu'elle puisse toucher. Seulement voilà, même si musicalement tout cela tient la route, le groupe mené par Dave Longstreth joue dans le vide, en roue libre. Voire un poil autiste. On se dit que même les XX, avec leur côté gauche, ont montré plus d'entrain et de charisme lors de leur prestation sur la même scène. C'est dire...Du coup, le chapiteau, déjà fort peu rempli au départ, se vide petit à petit. Pas un mauvais concert, juste inutile.

C'est peut-être là aussi une des limites de Werchter. De plus en plus, le festival semble se contenter de choper cinq, six grosses têtes d'affiche, histoire d'assurer le sold out. Pour le reste, il suffit de convier une série de jeunes pousses locales (entendez flamandes) au cachet plancher et à l'intérêt parfois limité (qui a entendu parler des Customs ? Van Jets ? Balthazar ?). Ou de piocher dans les groupes en tournée à ce moment-là. Et tant pis si même dans ce rayon, les bons choix se révèlent être au bout du compte de mauvais.

Laurent Hoebrechts à Werchter

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