Focus Brolcast #18: Subbacultcha ou la promotion DIY et néanmoins efficace de l'underground

27/06/14 à 10:56 - Mise à jour à 30/06/14 à 10:54

Source: Focus Vif

Pour ce dernier Focus Brolcast de la saison, DJ Kwak et Serge Coosemans nous ont torturé Kasper-Jan Roemans, jeune homme nettement plus à l'aise dans l'édition de magazines et l'organisation de festivals qu'au moment de s'expliquer devant un micro en français, langue qu'il ne maîtrise pas vraiment.

Focus Brolcast #18: Subbacultcha ou la promotion DIY et néanmoins efficace de l'underground

Subbacultcha © DR

Il n'y a pas de quoi rire, la Wallonie: ce type reste un exemple national, étant parvenu en quelques années seulement à faire d'un simple fanzine une plateforme crédible où repérer et apprécier ce qui se fait de plus pointu et de plus excitant, notamment en musique. L'art du DYI dans toute sa splendeur. A 27 ans.

Site internet propret doublé d'un fanzine de poche de très bonne tenue et triplé d'une organisation de concerts et de festivals assez trippante, Subbacultcha est un concept imaginé aux Pays-Bas il y a déjà quelques années et plus récemment adapté à échelle belge par Kasper-Jan Roemans (27 ans) et sa soeur. L'affaire a non seulement de la gueule et du contenu mais semble aussi réussir à grandir et continuellement avancer alors que beaucoup de projets similaires finissent généralement par se contenter d'en bouger une sans toucher l'autre. Subbacultcha, c'est l'art du DYI dans toute sa splendeur mais l'art du DYI saupoudré de pas mal d'ambition, de rigueur et de volonté de faire avancer les choses, de promouvoir des cultures qui ne sont underground que parce que les autres médias les ignorent. En mission, comme les Blues Brothers mais avec un modèle économique de winner alliant publicité, subsides, cartes de membres et collaborations multiples.

Cette mission, c'est donc de faire connaître l'underground (pas que) musical le plus excitant. Le flamand, le wallon, le bruxellois, mais aussi celui des horizons lointains, pas qu'anglo-saxons. "Quand c'est connu, on continue d'aimer mais pour le magazine, c'est fini", rigole Kasper-Jan, qui compte le premier concert belge de Marc De Marco, devant 60 personnes, parmi ses grandes fiertés. Autres raisons de se sentir heureux: l'organisation du festival Wastelands, qui combine groupes plutôt expérimentaux, site en pleine nature et bouffe bio et aussi The Sound of The Belgium Underground, festival où tout est dit dans le nom. "On couvre tout, de l'ambient au métal, et c'est une chose innovatrice pour la culture en Belgique", nous dit Kasper-Jan. C'est pour le coup plus réaliste que prétentieux. Autre point à souligner en ces temps communautairement troublés: Subbacultcha, majoritairement écrit en anglais, s'adresse vraiment à TOUTE la Belgique et c'est suffisamment rare pour être souligné dans un secteur aussi cloisonné que la culture. Pourquoi l'anglais? Parce qu'il s'agit aussi de toucher les étudiants Erasmus et autres jeunes expatriés de l'UE, une cible généralement complètement ignorée par les grands penseurs des médias établis, pour qui ces gens sont perçus comme des caricatures de robots dont l'unique culture est de boire de la bière le jeudi soir sur du gros Rihanna. Quand on vous dit que Subbacultcha fait toute la différence. (sc)

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