Bruxelles, capitale abracadabrantesque

20/02/18 à 12:09 - Mise à jour à 12:27

Le Turpitour, concept à la base anglo-saxon, débarque à Bruxelles pour faire découvrir au public les étrangetés historiques, les absurdités politiques, les magouilles et les scandales de notre capitale. En voici quelques-uns des plus marquants.

Bruxelles, capitale abracadabrantesque

Jean-Michel Briou et Bernard Melchior, les deux créateurs du Turpitour © Guillaume Scheunders

Turpitude: n.f. Laideur morale, ignominie qui résulte d'un comportement honteux.

Si beaucoup de villes sont habituées aux grands bus de touristes du style "Hop on Hop off", peu d'entre elles connaissent le concept du Turpitour. Inspiré d'un certain Scandal Tour de Washington par le producteur, concepteur et narrateur Jean-Michel Briou, le Turpitour fait découvrir Bruxelles sous un aspect peu commun: celui de ses vilains petits travers.

Pendant une heure et demie, le petit bus parcourt la ville, passant devant des hauts lieux qui ne le sont pas toujours pour de bonnes raisons. Entre comportements abracadabrants (par exemple l'ambassade turque qui espionne ses fidèles à la mosquée), rois des entourloupes (l'État belge qui vend la Cité Administrative à une compagnie privée pour ensuite louer ces mêmes locaux) ou encore micmacs à tire-larigot (le nouveau musée d'art moderne de Bruxelles...sans oeuvres d'art !), Jean-Michel Briou et son coauteur Bernard Melchior font découvrir les actes souvent surréalistes mais toujours vrais de certains pignoufs, ripoux et olibrius qui peuplent notre pays. À bord, les escales s'enchaînent, entremêlées d'interludes musicaux à l'accent brusseleir ou de pauses gustatives reflétant une partie de notre fine gastronomie.

Au total, c'est plus de 25 lieux qui ont retenu l'attention des deux concepteurs. "Il y a tellement à dire qu'on aurait pu faire un tour de plus de deux heures, on aurait pu passer par les communes à facilités où il y a énormément de choses à dire mais nous préférions rester dans un canevas d'une heure et demie, donc nous étions évidemment limités par les contraintes topographiques", explique Jean-Michel Briou.

"Le but du Turpitour, c'est aussi de dénoncer ce qui cloche à Bruxelles, enchaîne-t-il. J'adore cette ville depuis que je suis tout petit, c'est ma ville, mais on se rend compte qu'il y a tellement de choses qui ne vont pas qu'on a envie de le dire, mais on avait envie de le dire d'une manière différente. Après les attentats, on avait l'impression que tout était noir à Bruxelles, c'était un peu comme le chaos, les gens ne sortaient plus. Le Turpitour, c'est un peu une manière de revisiter Bruxelles en riant."

Give me five

  • Des "cours de rien". Surréaliste dit comme ça, et pourtant les écoles laïques enseignent depuis peu une leçon qui n'est pas un cours de religion ni un cours de morale, mais plus un cours de rien! S'est évidemment posé le problème de trouver des enseignants de... rien.
  • Godefroid de Bouillon? Non, de France! Selon certains historiens, le légendaire Godefroid de Bouillon, premier roi de Jérusalem, ne serait même pas belge mais serait en fait né en France. De quoi remettre en question la présence de sa statue sur la place Royale.
  • Une histoire d'échafaudages. Les gens nés après 1983 n'ont jamais pu voir le palais de justice de Bruxelles sans son ornementation d'échafaudages. Les travaux ne s'arrêtant pas, la Belgique a finalement choisi d'acheter les échafaudages, la location coûtant trop cher, et elle est donc devenue probablement le seul pays du monde à avoir des échafaudages dans son patrimoine national! Évidemment, les premiers échafaudages sont devenus trop vieux, il a donc fallu les remplacer avec l'aide... d'échafaudages.
  • Les tunnels et Bruxelles, ce n'est pas une histoire d'amour. Mis en place dans les années 70, les tunnels bruxellois n'ont pas vraiment été entretenus depuis. Et c'est aujourd'hui qu'on en paye le prix. Et leur réparation aurait sans doute été plus rapide si les archives de ces tunnels n'avaient pas été mangées par des souris!
  • L'art est assez populaire en Belgique, mais apparemment pas pour notre gouvernement. On estime à 12.000 le nombre d'oeuvres d'art volées chaque année en Belgique, tout ça pour un taux d'élucidation de... 0%! La raison? Le gouvernement a tout simplement dissout la cellule policière s'occupant des oeuvres d'art. Interpol a même dû rappeler notre pays à l'ordre, par peur qu'il devienne une plaque tournante du trafic d'art.

Le Turpitour, tous les samedis et dimanches à 10h30 et 14h30 http://www.turpitour.be/

Guillaume Scheunders

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