Laurent Hoebrechts
Laurent Hoebrechts
Journaliste musique
Opinion

11/03/11 à 11:33 - Mise à jour à 11:33

Bieber fever

La nouvelle idole des jeunes sort un premier documentaire sur sa vie, avant de créer l'hystérie au Sportpaleis d'Anvers. Smells like teen spirit...

Bieber fever

© D.R.

On est à peu près à la moitié du documentaire (1h45 au total tout de même). Justin Bieber vient de donner un concert dans sa région natale (Ontario, Canada), et pour une fois, le bus de tournée ne le dépose pas à l'hôtel. La teen idol dormira ce soir chez ses grands-parents. On peut s'appeler Justin Bieber et rester simple... D'ailleurs, preuve supplémentaire, le lendemain, mamy Bieber poursuit le gamin pour qu'il range sa chambre avant d'aller jouer au basket avec ses potes. Ce que l'ange blond fait mine d'accepter, avant de filer à l'anglaise... Une fois encore, on peut s'appeler Justin Bieber et rester un ado comme les autres. C'est tout le "propos" de Never Say Never, consacré au nouveau petit prince de la pop. Sorti sur les écrans belges ce mercredi, le film arrive juste à temps pour encore un peu plus chauffer l'audience avant le concert au Sportpaleis anversois, le 30 mars prochain.

Prequel

Le téléchargement illégal ruine l'industrie du disque. Mais les vraies plaies de la pop actuelle sont ailleurs. D'un côté, les ravages causés par la téléréalité (Idol, X-Factor...); de l'autre, la disneylandisation avancée du r'n'b, avec les Miley Cirus, Zac Efron et autres Jonas Brothers... Contrairement aux apparences, Bieber n'a pas participé à la première, ni sévi dans une teen-sitcom à la sauce Mickey. Son truc à lui, c'est YouTube. C'est en voyant des vidéos de lui postées par sa mère célibataire que l'agent Scooter Braun croit ainsi avoir trouvé la perle rare, et réussit à le faire déménager à Atlanta pour lui faire signer un contrat.

Le gimmick est trop beau: même signé sur une major, Justin Bieber continuera à faire de YouTube sa principale arme marketing. La maison de disques veut temporiser avant de sortir un premier disque? Le jeune homme en remet une couche sur le site de partage vidéo. Dans la foulée, il invente même sa propre prequel: les home videos de maman sont toujours accessibles sur YouTube. Justin tapant à 4 ans sur une première batterie, reprenant Aretha Franklin à 12 ans...

A 16 ans, Bieber a ainsi entamé sa première tournée mondiale, sort un premier documentaire sur sa vie. Too much too soon? "Quand je l'ai vu, j'ai pensé à un Macaulay Culkin de la musique", dixit L.A. Reid, ponte de l'industrie musicale US. Au fond, quelqu'un a des nouvelles du blondinet de Maman, j'ai raté l'avion? D'autres évoquent plutôt Michael Jackson -pas forcément plus rassurant (Cette mère qui accompagne sa fille voir son premier concert -celui de Bieber-: "Moi, c'était MJ, la tournée Thriller "...).

Il y a quelques mois à peine, le jeune Canadien était encore totalement inconnu. Il est aujourd'hui une star planétaire. Ainsi va la célébrité dans le music business. La différence aujourd'hui, c'est que Bieber peut multiplier les écrans. YouTube dans une main, Twitter dans l'autre: la teen idol des années 2010 est forcément en réseau, 2.0 dans la peau. Avec l'accélération qui va avec, effrayante. A se demander: n'y a-t-il vraiment que 24 images par seconde?

Laurent Hoebrechts

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