To the Wonder

28/05/13 à 15:48 - Mise à jour à 29/05/13 à 10:24

Plus prolifique que jamais, Terrence Malick semble avoir perdu l'inspiration à mesure qu'il se multipliait et que ses aspirations cosmiques se matérialisaient.

Il semble loin, le temps où chaque nouveau film de Terrence Malick appelait les superlatifs. Venant après le décevant The Tree of Life, To the Wonder ne peut ainsi qu'acter un criant déficit de créativité. Le réalisateur américain y réduit sensiblement la voilure, délaissant ses ambitions cosmiques pour explorer l'amour sous des formes diverses. Il s'immisce en l'occurrence au sein d'un couple, Marina (Olga Kurylenko) et Neil (Ben Affleck) qui, après avoir atteint à l'ineffable au Mont-Saint-Michel, en France, vont emménager en Oklahoma, où leur relation va bientôt se trouver fragilisée. Une histoire à laquelle le cinéaste donne son pendant céleste en quelque sorte, un prêtre (Javier Bardem), expatrié tout comme la jeune femme dans cette petite communauté américaine, questionnant pour sa part sa vocation.

Suivant son habitude, Malick opère à grand renfort de voix off et d'une mise en scène sensorielle pour entremêler les multiples strates narratives de son film. Mais ce qui emmenait subtilement Days of Heaven ou The Thin Red Line en terrain spirituel ressemble désormais à un procédé rapidement fastidieux. Circonstance aggravante: l'exploration du couple et du lien amoureux ne s'écarte guère des lieux communs, là où l'appoint de mysticisme chrétien se révèle pour sa part objectivement gavant. Restent, comme toujours chez le réalisateur texan, divers moments touchés par la grâce, où le rapport élégiaque de ses personnages à la nature et à l'espace tend à la lévitation. Le constat est là, néanmoins, implacable: s'il n'a jamais été aussi productif, Terrence Malick semble désormais bel et bien courir après l'inspiration. ˜

J.F.PL.

De Terrence Malick. Avec Olga Kurylenko, Ben Affleck, Javier Bardem. 1h52. Sortie: 29/05

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