This Must Be the Place (0)

20/03/12 à 11:44 - Mise à jour à 11:44

ROAD MOVIE | Pour son premier film anglo-saxon, Paolo Sorrentino (Il Divo) s'attèle au destin d'une rock star has been, qu'il écartèle entre Irlande et Amérique, un regard (appuyé) sur le Paris, Texas de Wim Wenders -filiation, du reste, revendiquée par la présence de Harry Dean Stanton au générique.

This Must Be the Place (0)

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This Must Be the Place, road movie de Paolo Sorrentino. Avec Sean Penn, Frances McDormand, Eve Hewson. 1h58. Sortie: 21/03. 0

Soit donc Cheyenne (Sean Penn), ex rocker affichant la cinquantaine amortie et déconfite. Et que la mort inopinée de son père, dont il était sans nouvelles depuis 30 ans, va arracher à sa dépression, comme à sa retraite dublinoise, pour l'envoyer à New York. Le début d'un long voyage, en fait, puisque, apprenant que son paternel avait survécu à l'horreur des camps, et qu'il cherchait sans relâche le gardien nazi qui l'avait persécuté, Cheyenne va reprendre sa traque où il l'avait laissée. Et se lancer dans un road movie étasunien, en quête de lui-même autant que de vengeance...

L'histoire, avec sa confusion des genres (du rock circus à la chasse aux nazis, vraiment?) et ses clichés, est certes improbable. Le problème majeur du film réside pourtant moins dans son scénario ou dans son maniérisme boursouflé que dans la performance de Sean Penn, littéralement de chaque plan, et qui explose ici les limites du surjeu. Son look bouffon, croisement incertain de Robert Smith et d'Alice Cooper chancelant au gré d'une démarche pataude, semble n'avoir d'autre objet que de vampiriser l'attention au détriment de toute autre considération. A quoi l'acteur s'est senti obligé d'ajouter la voix, pâteuse et aigrelette, que l'on croirait sortie d'un spot publicitaire pour les boules Quies. Suivant que l'on adhère plus ou moins à sa proposition, ce film de Paolo Sorrentino sera, au choix, une curiosité ou un supplice.

J.F.PL.

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