Shame

10/01/12 à 15:20 - Mise à jour à 15:20

DRAME | Après "Hunger", Steve McQueen fait, dans "Shame", le portrait acéré d'un wonder boy new-yorkais accro au sexe. Et signe, aidé par le fidèle Michael Fassbender, une oeuvre aussi puissante que perturbante.

SHAME, DRAME DE STEVE MCQUEEN. AVEC MICHAEL FASSBENDER, CAREY MULLIGAN, NICOLE BEHARIE. 1 H 39. SORTIE: 11/01. ****

Shame

© DR

Trois ans après Hunger, Shame vient confirmer la singularité du cinéma de Steve McQueen. Le réalisateur britannique s'y attache aux pas de Brandon (Michael Fassbender, magistral), un wonder boy accro au sexe ayant trouvé en New York un terrain de chasse à sa mesure, le gaillard alignant, sans plus d'émotion, les aventures d'un soir comme les expériences tarifées, ou se rabattant à défaut sur l'un ou l'autre site de porno hard. L'arrivée impromptue de sa soeur Sissy (Carey Mulligan, bluffante), venue s'installer chez lui toute fragilité dehors, va toutefois gripper la mécanique de son existence.

C'est à un voyage au pays du sexe triste que convie ici McQueen, pour un film à l'esthétique clinique de circonstance. D'une rigueur glacée, la mise en scène sert un propos aiguisé, où le réalisateur porte un regard acéré sur une société où le sexe, produit de consommation surexposé, serait aussi vidé de sens. Il signe, avec Shame, un conte moral qui ballote le spectateur à la surface des dérives du monde. Si le trait en est parfois lourdement symbolique, le résultat n'en est pas moins objectivement suffocant.

J.F. PL.

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