Shahada

02/02/11 à 13:19 - Mise à jour à 13:19

A trop vouloir se faire consensuel, Buhran Qurbani finit par diluer, dans Shahada, l'intensité du message de tolérance qui était, on n'en doute pas, le point de départ de son scénario. Un scénario classique, où une jeune fille musulmane est tiraillée entre sa foi et les réalités de la vie dans une ville occidentale telle que Berlin.

Shahada

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Présenté voici un an au Festival de Berlin, ce film allemand choral et bien intentionné prend pour personnages principaux de jeunes musulmans tiraillés entre les absolus de leur foi et les réalités de la vie dans un pays occidental. Sur fond de multiculturalité version berlinoise, Shahada fait le grand écart dans un souci visible d'oser sans choquer, de respecter tout et son contraire souvent. L'interprétation est très inégale, la forme soignée mais télévisuelle.

Sous l'appel à une tolérance maximale, et avec l'alibi du "sujet de société", c'est un bien lourd et parfois maladroit spectacle que nous propose Burhan Qurbani. Il faudra des films moins consensuels, moins frileux, plus ouverts (ne prenant pas d'office la foi comme une part incontestable et irréfragable de l'individu, par exemple) pour creuser vraiment une thématique dont l'importance cruciale pour l'avenir du "vivre ensemble" en démocratie n'échappe à personne.

Shahada, drame de Burhan Qurbani, avec Maryam Zaree, Carlo Ljubek, Jeremias Acheampong. 1h29.

Louis Danvers

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