Rabbit Hole

12/04/11 à 12:41 - Mise à jour à 12:41

DRAME | Dans l'intimiste et poignant Rabbit Hole de John Cameron Mitchell, Nicola Kidman pleure la mort de son fils. Ou quand le cinéma fait son deuil.

Rabbit Hole

© DR

Cela fait huit mois et ils rencontrent toutes les peines du monde à surmonter la mort de leur enfant de 4 ans renversé par une voiture. Howie s'attend encore à le voir sauter de dessous le lit et passe son temps devant de vieilles vidéos. Becca semble devenir insensible et dégage autour d'elle une souffrance névrotique et destructrice. Si elle abandonne les groupes de parole et se coupe de sa famille, elle cherche étrangement à se rapprocher du jeune homme responsable de la disparition de son fils.

Avec Rabbit Hole, drame poignant et psychologiquement très juste sur le deuil qui rappelle La Chambre du fils de Nanni Moretti, John Cameron Mitchell abandonne l'extravagance de ses premiers films et s'interroge plus généralement sur l'absence de communication dans le couple et dans la vie... Nicole Kidman, par ailleurs productrice du projet, a rarement été autant à son affaire que dans le rôle de cette mère dévastée et Aaron Eckhart est, comme d'habitude, irréprochable dans la peau du père qui essaie d'aller de l'avant, un oeil dans le rétroviseur.

Admirablement écrit, Rabbit Hole est adapté de la pièce du même nom, dont le rôle principal était tenu au théâtre par Cynthia Nixon, la Miranda de Sex and the City. Scénarisé par son auteur David Lindsay-Abaire (John Cameron Mitchell vient lui aussi du théâtre), le film donne parfois l'impression qu'on regarde une pièce au cinéma. Il n'en reste pas moins une oeuvre lucide, sensible et jamais manipulatrice.

Rabbit Hole, drame de John Cameron Mitchell, avec Nicole Kidman, Aaron Eckhart, Sandra Oh. 1h31.

J.B.

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