Polisse

18/10/11 à 15:53 - Mise à jour à 15:53

CHRONIQUE | Pour son troisième long métrage, Maïwenn Le Besco investit une Brigade de protection des mineurs. Un film entre le brûlot interpellant et le roman-photo insignifiant.

Polisse

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Deux films, Pardonnez-moi et Le bal des actrices, ont imposé le regard singulier de Maïwenn Le Besco, la réalisatrice y évoluant à la lisière du (faux) documentaire et de la fiction à la première personne. Polisse ne déroge pas à la règle, et répond, de prime abord, à un même souci de vérité, qui voit la cinéaste, adoptant à l'écran les habits d'une photographe mandatée par le ministère de l'Intérieur, investir le quotidien d'une Brigade de la protection des mineurs. Et d'accompagner une patrouille au fil de ses activités -interventions sur le terrain, auditions de parents maltraitants et autres dépositions d'enfants...-, pour un film sous haute tension, cette tension qui déteint inévitablement sur les policiers, suivis aussi dans leurs moments de décompression. Paradoxalement, et en dépit d'une distribution de poids (les Viard, Foïs et autre Duvauchelle comptent aux rangs de la brigade), cette double articulation pose rapidement les limites du film. Intense et nerveux à souhait s'agissant d'un volet opérationnel en forme de catalogue saisissant de la misère morale du monde, Polisse s'égare chaque fois qu'il s'avance en terrain plus intime. Et force même le trait jusqu'au ridicule quand il s'abîme dans l'auto-fiction complaisante (le couple Maïwenn - Joeystarr reconstitué). Entre le brûlot interpellant et le roman-photo insignifiant, la confusion guette. Sans même parler d'une tendance à confondre hystérie et ressort dramatique...

J.F. PL.

POLISSE, CHRONIQUE DE ET AVEC MAÏWENN. AVEC KARIN VIARD, MARINA FOÏS, JOEYSTARR. 2 H 07. SORTIE: 19/10. **

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