Nanni Moretti: "Je ne crois pas qu'un film puisse constituer une thérapie pour son réalisateur"

03/12/15 à 10:56 - Mise à jour à 10:56

Source: Focus Vif

Avec Mia Madre, Nanni Moretti renoue avec la tendance autobiographique irriguant une part de sa filmographie, la disparition de sa mère lui inspirant une oeuvre au féminin dialoguant avec la mort pour mieux sonder la vie.

Entre Nanni Moretti et le festival de Cannes, il y a une vieille histoire déjà, entamée en 1978 avec Ecce Bombo, et qui a valu, par la suite, au réalisateur italien de glaner le prix de la Mise en scène pour Journal intime, et la Palme d'or pour La Chambre du fils. "Cannes m'a toujours porté chance", sourit-il, alors qu'on le retrouve, par un soleil généreux, sur une terrasse surplombant les rues commerçantes de la ville. Un constat que viendra pourtant démentir le palmarès du 68e festival, dont Mia Madre se trouvera curieusement écarté; ostracisme qui, couplé à celui dont sera l'objet Youth de Paolo Sorrentino, aura le don de déchaîner l'ire de la presse transalpine, et on la comprend. L'auteur de Palombella rossa y fait preuve d'une parfaite maîtrise de son art, en effet; et si le film le voit renouer avec le registre de l'autofiction ayant nourri une large part de son oeuvre, il tend aussi à l'universalité, imprégné qu'il est de la perte et de la douleur ressenties à la disparition d'une mère, sentiments explorés en une multitude de dégradés et de contrastes.
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