Mostra de Venise, le film du jour #7: Tinker, Tailor, Soldier, Spy

06/09/11 à 15:11 - Mise à jour à 15:10

En direct de la Mostra de Venise, notre envoyé spécial Jean-François Pluijgers prend le pouls du festival et épingle chaque jour le film qui est sur toutes les lèvres. Septième étape: Tinker, Tailor, Soldier, Spy de Tomas Alfredson.

Mostra de Venise, le film du jour #7: Tinker, Tailor, Soldier, Spy

© Visual

John le Carré, c'est du pain bénit pour les scénaristes, l'oeuvre du romancier britannique ayant été mise à des sauces diverses depuis que Martin Ritt adapta L'espion qui venait du froid, en 1965, Sidney Lumet (The Deadly Affair), John Boorman (The Tailor of Panama) ou Fernando Mereilles (The Constant Garderner) comptant parmi ceux qui s'y sont frottés par la suite. Pour son premier film anglo-saxon, le réalisateur suédois Tomas Alfredson s'attaque pour sa part à Tinker, Tailor, Soldier, Spy - sobrement traduit par La taupe en français - , un film qui ajoute à un scénario solide un casting qui ne l'est pas moins, alignant les noms de Gary Oldman, Colin Firth et autre John Hurt.

L'histoire nous conduit dans les années 70, lorsque George Smiley (Gary Oldman, impavide), un agent récemment retraité du MI6, est amené à rempiler afin d'identifier la taupe qui s'est infiltrée au sein des services secrets britanniques. L'enquête à suivre va le plonger dans une toile inextricable d'intrigues, de rivalités, d'amitiés et de trahisons, non sans balader le spectateur entre Budapest, Istanbul et Londres, suivant une articulation joliment tortueuse.

Alfredson respecte les règles du film d'espionnage, signant une adaptation inspirée de le Carré - on songe, toutes proportions gardées, à Das Leben der Anderen, alors que les rouages de l'histoire s'enchaînent en une mécanique aussi implacable qu'opaque en apparence. Mais si l'on s'y égare avec un plaisir non dissimulé, Tinker, Tailor, Soldier, Spy ne convainc pas sans réserves - la faute à un maniérisme excessif qui, s'il donne au film un look singulier, a aussi tendance à le confiner à dans les limites de l'exercice de style.

Jean-François Pluijgers, à Venise

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