Michael Douglas: "les acteurs américains manquent de masculinité"

10/07/15 à 09:00 - Mise à jour à 09/07/15 à 17:45

L'acteur aux Oscars et Golden Globes accuse les réseaux sociaux d'être responsables d'une crise chez les jeunes acteurs américains. Obnubilés par leur image et pas assez virils, ils seraient actuellement en perte de vitesse sur le marché mondial de l'art de jouer la comédie.

Michael Douglas: "les acteurs américains manquent de masculinité"

Les acteurs de Ant-Man Michael Douglas et Paul Rudd à la cérémonie du Hollywood Walk of Fame en juillet 2015 © AFP

Bien des choses ont changé à Hollywood depuis que Michael Douglas a commencé sa carrière il y a 50 ans. Heureux de continuer à jouer aux côtés de jeunes pouces, l'acteur de 70 ans pointe néanmoins actuellement certains défauts chez les étoiles montantes.

L'acteur de Wonder Boys s'est notamment exprimé sur l'obsession des acteurs US pour les réseaux sociaux. Il s'inquiète du poids pris par la culture de l'image au détriment de celle du talent made in USA.

"Il y a quelque chose qui ne va pas avec les jeunes acteurs américains - hommes et femmes - puisque les Britanniques et les Australiens leur prennent beaucoup des meilleurs rôles américains", a-t-il confié à The Independent."Clairement, la faille se situe sur deux fronts. D'une part, en Grande-Bretagne, ils prennent leur formation au sérieux alors qu'aux States, on fait face à une sorte de conscience de son image par les réseaux sociaux qui importe davantage que le perfectionnement. Beaucoup d'acteurs sont pris au piège de ce truc de l'image, qui est en passe d'affecter leur valeur. D'autre part, les Australiens, en particulier les hommes, ont la masculinité dont manquent les acteurs américains. Aux États-Unis on a une réserve de jeunes hommes sensibles, relativement asexués ou unisexes ; mais on n'a pas beaucoup de Channing Tatum ou de Chris Pratt, contrairement aux Australiens. C'est un phénomène", dénonce l'acteur qui jouait récemment une grande folle vieillissante en la personne de Liberace dans Behind the Candelabra.

"Il y a une crise qui touche les jeunes acteurs américains pour le moment", a confié Douglas. "Ils accordent tous beaucoup plus d'importance à leur image qu'à leur jeu d'acteur".

Interrogé par ailleurs sur ce qu'il pense de la sortie récente de Dustin Hoffman qui déclarait que l'industrie du film était "plus mauvaise que jamais", Michael Douglas dit comprendre son point de vue mais pense que des distributeurs comme Netflix et HBO prennent en charge ce qui aurait traditionnellement été fait au cinéma.

"Je vois ce qu'il veut dire, mais je pense qu'il faut regarder de plus près du côté des fournisseurs. Enormément de bonnes choses émanent de l'industrie du câble, dont de bons scénarios. Kramer contre Kramer et ce genre de grands films dans lesquels il a joué ne sont plus faits à l'heure actuelle [au cinéma] mais dans des formats de diffusion différents."

"La plupart des bons scénaristes sont partis pour l'industrie du câble parce que c'est là qu'ils peuvent aussi produire. Le problème, quand on fait des films pour le cinéma, ce sont les coûts de distribution. Les gens peuvent trouver l'argent pour faire un film mais pas sa publicité", a ainsi déclaré l'acteur qui apparaitra prochainement dans Ant-Man de Peyton Reed, le dernier de la deuxième phase des films de l'univers Marvel.

Le film, qui mettra également en scène Paul Rudd, Evangeline Lilly et Corey Stoll sortira dans les salles en Belgique dès le 15 juillet.

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