Like Someone in Love

13/08/13 à 13:35 - Mise à jour à 13:35

DRAME | Voilà quelques années maintenant que Abbas Kiarostami, le génial réalisateur de Close-Up, du Goût de la cerise et autre Le vent nous emportera, a donné à son parcours un tour international, délaissant l'Iran pour les cieux plus cléments de Toscane le temps de Copie conforme, auxquels succède aujourd'hui une banlieue de Tokyo, théâtre de Like Someone in Love.

Like Someone in Love

Like Someone in Love © DR

Empruntant son titre à une chanson de Ella Fitzgerald, le film convie dans un premier temps le spectateur dans un bar chic, à la rencontre de Akiko, étudiante améliorant son ordinaire en qualité d'escort girl, activité qu'elle tente à grand-peine de dissimuler à un fiancé jaloux, la harcelant de ses appels suspicieux. Moment où le patron du bar l'envoie honorer un rendez-vous chez un vieux professeur -rencontre aux contours incertains, et qui va rapidement échapper à son cadre initial, d'ailleurs.

OEuvre singulière, Like Someone in Love s'emploie à tisser une toile de faux-semblants et d'illusions, que soutient un fascinant jeu d'écrans et de reflets. Kiarostami met en place un dispositif habile, et fait preuve de sa maîtrise habituelle de la mise en scène, relevé d'un sens de la composition tout simplement lumineux par endroits. Mais s'il y a là à bien des égards un objet fascinant, le film n'en engendre pas moins un sentiment déceptif, reposant sur un argument à ce point ténu qu'il en apparaît presque évanescent. Pour dégager, au final, l'impression persistante que le cinéma du réalisateur iranien tourne désormais à vide, modèle conceptuel n'autorisant que de trop sporadiques aspérités, en prise celles-là sur un déficit de connexions confinant au désespoir...

DRAME DE ABBAS KIAROSTAMI. AVEC RIN TAKANASHI, TADASHI OKUNO, RYO KASE. 1H49. SORTIE: 14/08.

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