Les merveilleux adieux d'Harry Dean Stanton

07/02/18 à 16:29 - Mise à jour à 16:29
Du Le Vif Focus du 01/02/18

L'acteur tire sa révérence dans le drôle et très émouvant Lucky. Portrait.

Son ami Wim Wenders, qui l'a élevé dans la lumière d'une Palme d'or cannoise avec Paris, Texas en 1984, lui avait très certainement parlé de son cinéaste préféré, le Japonais Yasujiro Ozu. Et de sa sépulture située à Kamakura, charmante ville côtière au sud de Tokyo. Toute proche du temple d'Engaku-ji, elle porte, gravé sur la pierre tombale, le caractère chinois "mu". Lequel peut se traduire par "vide", "néant", "rien". Harry Dean Stanton avait lui-même l'habitude de dire que rien n'est important, même nous humains, qui ne faisons que passer, l'espace d'une vie brève sans prolongation dans quelque au-delà paradisiaque ou non. L'acteur ne croyait pas en Dieu et avait chevillé en lui le sens de l'éphémère. Dans Lucky (lire notre critique), son ultime film, son personnage de vieux cow-boy tranquillement rebelle entre chaque matin dans le snack tenu par son ami Joe (joué par Barry Shabaka Henley) en lui lançant en guise de salut: "Tu n'es rien." À quoi Joe répond, tout aussi rituellement: "Tu n'es rien non plus." Et les deux de se sourire... L'ombre d'Ozu passe le long du comptoir où Lucky fait ses mots croisés quoti...

Vous souhaitez continuer à nous lire?

Lisez 3 articles gratuits par mois

Je m'enregistre Je suis déjà enregistré
ou

Les abonnés du Vif/l'Express bénéficient d'un accès illimité à tous les articles sur LeVif.be

Je prends un abonnement Je suis déjà abonné

Nos partenaires