Les Inrocks enterrent Gérard Depardieu

16/01/13 à 11:43 - Mise à jour à 11:43

Le magazine politique et culturel, sorti en kiosque ce mercredi, propose en couverture une photo noir et blanc de Gérard Depardieu, deux dates, "1948-2013", et une phrase: "C'était Depardieu". Funèbre. Et provoc'...

Les Inrocks enterrent Gérard Depardieu

© DR

Génialement provoc', de très mauvais goût ou les deux, grâce à sa une, l'hebdomadaire Les Inrockuptibles de cette semaine a d'ores et déjà réussi son coup, faire parler de lui.

Il faut dire que depuis quelques semaine, Gérard Depardieu défraye la chronique, rarement pour le meilleur et souvent pour le pire. De l'annonce de son exil fiscal -qui a divisé le pays entre pros et anti-Gégé- aux louanges adressées à Vladimir Poutine, qui, elles, ont laissé tout le monde coi, le comédien de génie dont les frasques rythment désormais notre quotidien n'a jamais laissé l'occasion au grand public de l'oublier.

Les Inrocks, eux, décident aujourd'hui de l'enterrer. Si Technikart avait déjà usé du procédé en 2003 pour poser la question de la longévité médiatique de Thierry Ardisson, la une des Inrocks prend un tout autre sens, quand on sait la santé fragile de Depardieu.

Et les défenseurs de la star et les réseaux sociaux de monter au créneau: Sebastien Le Fol du Figaro en tête: "Ce choix journalistique (peut-on encore le qualifier ainsi) exprime une vision pour le moins radicale du débat intellectuel: "Tu n'es pas d'accord avec moi? Ou bien tu la "fermes" (dixit Philippe Torreton) ou bien je te tue (symboliquement)." Ici, il s'agit de proclamer une mort artistique. Non content de blâmer, sinon de rabaisser le citoyen Depardieu, on le brise professionnellement. Tant qu'il "pensait bien", la gauche bobo le considérait comme un acteur "sublime". Désormais, à ses yeux, il n'existe plus. Et si Stevenson donnait tort aux Inrocks: "mieux vaut être sot que mort"."

Sur son blog, le journaliste Guy Birenbaum s'indigne: "La "Une" des Inrockuptibles c'est vraiment tout ce que je déteste... (...) Je la trouve malsaine."

Sur Twitter, tout est à l'avenant: "La Une trash du jour" est retweetée par Bruce Toussaint, "Particulièrement de mauvais goût la Une des Inrocks sur #Depardieu . Le journalisme est mort, place au sensationnel", "Detester ceux qu'on a adoré. Mentalité bien francaise qui se fera sans moi"...

Rares -voire inexistants- sont ceux qui défendent le magazine. Et Audrey Pulvar et Les Inrocks en prennent évidemment aussi pour leur grade "#AudreyPulvar ne devait pas quitter les Inrocks? Coup de buzz, très a la mode, peut être? Pitoyable en tout cas." Plus sobre, mais efficace, un tweetos commente: "C'était les #inrocks: 1986 - 2013".

(source)

Nos partenaires