Les aventures de Tintin à Hollywood

20/07/11 à 15:55 - Mise à jour à 15:55

Steven Spielberg et Peter Jackson ont levé un coin du voile sur le premier volet des aventures cinématographiques de Tintin, attendu sur les écrans le 26 octobre.

Les aventures de Tintin à Hollywood

© MAXPPP

Quelques mois après les premières photos du film, et dans la foulée d'une bande-annonce à l'effet zakouski attendu, c'est mardi qu'a eu lieu, dans le décor feutré d'un palace parisien, la présentation à la presse internationale du film événement de la rentrée cinéma - à savoir, mais est-il encore besoin de le préciser, Le Secret de la Licorne, première des aventures de Tintin portée à l'écran par le duo Steven Spielberg/Peter Jackson. En guise d'avant-goût, c'est à une petite dizaine de minutes d'images à peine que l'on a eu droit, et encore a-t-on dû s'engager au préalable à ne rien en révéler - teasing, quand tu nous tiens...

Fort heureusement, la conférence de presse qui devait suivre, et pour laquelle les deux réalisateurs étaient flanqués de la productrice Kathleen Kennedy, et des acteurs Jamie Bell (Tintin), Andy Serkis (le capitaine Haddock) et Gad Elmaleh (Omar Ben Salaad), s'est avérée pour sa part riche en enseignements - le premier étant l'enthousiasme manifeste des participants, à l'évidence conquis par l'univers de Hergé.

S'agissant de Jackson et Bell, cet engouement ne date pas d'hier, l'un et l'autre ayant biberonné aux aventures du reporter du Petit Vingtième. "J'ai grandi avec Tintin, raconte le réalisateur néo-zélandais. Enfant, il apparaît comme un modèle: il vit les aventures que rêve de pouvoir connaître tout enfant de 7 ou 8 ans lorsqu'il aura son âge. Plus tard, lorsqu'on vieillit, on redécouvre les histoires dans une perspective différente, en étant plus sensible à l'ironie, à la parodie et à la satire qu'a instillé Hergé dans ses aventures. Un nouveau niveau se dévoile - il m'arrive encore de m'y replonger avec un plaisir toujours renouvelé." Sur quoi l'acteur, révélé par Billy Elliot, renchérit: "A l'âge de 8 ans, j'étais un fan absolu de Tintin. Il incarnait tout ce que je voulais être: j'aspirais à parcourir le monde, chercher des trésors, pouvoir tirer sur les méchants, faire la paire avec un capitaine de marine ivrogne,... mais en termes de rôle, cela induit aussi une immense responsabilité." Quant à Steven Spielberg, c'est adulte, et presque fortuitement, qu'il a découvert l'univers de Hergé, après qu'un critique avait fait d'Indiana Jones le descendant d'un Tintin dont le cinéaste ignorait jusqu'à l'existence. Dans la foulée, le réalisateur devait se procurer Les 7 boules de cristal, album qui allait produire sur lui un effet indélébile - "Les illustrations étaient tellement évocatrices de l'histoire, de l'intrigue et des relations entre les personnages, qu'à la fin, même sans connaître un traître mot de français, j'avais très bien compris de quoi il retournait."

Trois en un

L'idée d'adapter Tintin au grand écran remonte à cette époque, Spielberg et sa productrice prenant langue avec Hergé, qui disparaîtra toutefois avant qu'ils aient pu se rencontrer. Non sans leur avoir confié, lors d'une conversation téléphonique, que le réalisateur de E.T., dont il avait apprécié Les Aventuriers de l'arche perdue, lui apparaissait comme le seul susceptible de mener l'entreprise à son terme.

Et quelle entreprise, puisque près de 30 ans se sont écoulés depuis, le projet passant du live action à la technique dite de la performance capture, au gré des différentes déclinaisons d'un scénario qui combine des éléments du Crabe au pince d'or avec la trame du Secret de la Licorne et du Trésor de Rackham le Rouge - assemblage qui constituait déjà à lui seul un défi épineux, du propre aveu de Steven Spielberg. "Pour moi, souligne encore ce dernier, ce n'est pas le médium le message, mais bien l'histoire, et ses personnages. C'était ce qu'il ne fallait pas perdre de vue. Nous racontons cette histoire d'une façon qui va mettre à l'honneur Hergé et ses dessins." A vérifier sur pièces dès le 22 octobre, lors d'une avant-première mondiale dédoublée entre Bruxelles et Paris...

Jean-François Pluijgers, à Paris

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