Le réalisateur du Silence des agneaux, Jonathan Demme, est mort

26/04/17 à 18:16 - Mise à jour à 27/04/17 à 06:40

Source: Afp

Le réalisateur américain Jonathan Demme, primé aux Oscars pour Le Silence des agneaux, est décédé mercredi à New York des suites d'un cancer, a indiqué à l'AFP une porte-parole.

Le réalisateur du Silence des agneaux, Jonathan Demme, est mort

Jonathan Demme, en 2015. © AFP

Egalement connu pour le film Philadelphia, le metteur en scène, âgé de 73 ans, souffrait d'un cancer de l'oesophage, a-t-on précisé de même source.

Sa carrière s'étend sur plus de quatre décennies, avec des incursions dans de nombreux genres différents, d'un épisode de la série mythique Columbo jusqu'à un documentaire sur le chanteur Justin Timberlake, qui restera comme la dernière réalisation de sa carrière.

Mais Jonathan Demme aura surtout marqué pour Le Silence des agneaux (1991) et Philadelphia (1993), tournés coup sur coup au début des années 90.

L'atmosphère irrespirable du Silence des agneaux, qui évoque la collaboration entre un tueur cannibale machiavélique et une policière à la recherche d'un tueur en série, a marqué une génération.

Il avait valu à Jonathan Demme l'Oscar du meilleur réalisateur en 1992.

Quant à Philadelphia, il est un des premiers films à avoir traité directement des ravages du sida au sein de la communauté homosexuelle.

L'acteur américain Tom Hanks avait reçu le prix d'interprétation aux Oscars pour son rôle principal dans le film, et Bruce Springsteen celui de la meilleure chanson pour le mélancolique The Streets of Philadelphia.

Homme d'engagements

Les réactions ont rapidement afflué sur les réseaux sociaux pour rendre hommage au réalisateur, originaire de Long Island, dans la banlieue de New York.

"J'ai rencontré des tonnes de gens avec Moonlight (Oscar du meilleur film) mais mon camarade Demme était le plus gentil, le plus généreux", a tweeté le réalisateur Barry Jenkins.

"Un homme formidable. Tristesse", a écrit, pour sa part Thierry Frémaux, délégué général du festival de Cannes, également sur Twitter.

L'épouse de Jonathan Demme et ses trois enfants, qui étaient à ses côtés lorsqu'il est décédé mercredi matin dans son appartement de Manhattan, ont demandé qu'"à la place de fleurs", ceux qui le souhaitaient effectuent, en son hommage, des dons à l'association de défense des immigrés Americans for Immigrant Justice, située à Miami, en Floride, a indiqué la porte-parole.

"Jonathan Demme était un grand artiste, impliqué dans l'humanitaire, un activiste et un collègue chaleureux et encourageant", a réagi le réalisateur américain Ron Howard, sur Twitter, évoquant les engagements du metteur en scène.

En 2014, Jonathan Demme, qui était également producteur et scénariste, avait reçu de l'association Americans for Immigrant Justice un prix, le Holly Skolnick Human Rights Award, "pour son investissement dans la cause des réfugiés haïtiens" et, plus généralement, dans celle des immigrés, selon l'organisation.

Ce passionné de musique, qui menait une existence discrète, a notamment réalisé un documentaire sur le journaliste haïtien Jean Dominique (The Agronomsit), fondateur de la station de radio indépendante Radio Haïti Inter, assassiné en 2000 pour des raisons politiques.

Il avait également pris publiquement position contre l'engagement américain en Irak en 2003.

Jonathan avait fait ses débuts dans le cinéma au début des années 70 sous la houlette du producteur Roger Corman, qui a également contribué au lancement de Francis Ford Coppola, Ron Howard, Martin Scorcese et James Cameron.

Au sujet de ses influences cinématographiques, Jonathan Demme avait raconté, dans un entretien à l'AFP, en 2003, avoir été, brièvement, attaché de presse, à 24 ans, du réalisateur français François Truffaut à l'occasion de la sortie aux Etats-Unis de La mariée était en noir.

"Je ne savais pas encore que je voulais être cinéaste". "Tirez sur le pianiste a eu un profond impact sur moi. Ce film a changé ma façon de voir le cinéma", dit-il.

Francophile, il avait rendu hommage à la France dans le film La vérité sur Charlie (2002), tourné à Paris et dans lequel il avait même glissé des extraits de Tirez sur le pianiste.

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