Le Quattro Volte, l'homme qui regardait les chèvres

19/01/11 à 10:27 - Mise à jour à 10:27

Dans la campagne calabraise, le réalisateur italien Michelangelo Frammartino redessine le rapport de l'homme à son environnement, dans une perspective animiste. Il signe un film fascinant, muet mais éloquent.

Le Quattro Volte, l'homme qui regardait les chèvres

© DR

Sept ans après Il Dono, la chronique minimaliste du quotidien d'un village de Calabre en proie à la désertification, Le Quattro Volte vient confirmer la singularité du cinéma de Frammartino. La campagne calabraise offre à nouveau son écrin à un film qui ausculte les cycles de la vie et de la nature: mouvement immuable entamé aux côtés d'un vieux berger s'apprêtant à trouver un repos éternel, pour ensuite glisser harmonieusement du règne humain au règne animal; et bientôt du règne végétal au règne minéral, en abolissant toute hiérarchie.

Guidé par un souffle animiste, Le Quattro Volte recadre ainsi subtilement le rapport de l'homme à son environnement. Et trouve des arguments esthétiques aussi surprenants que séduisants, ceux d'une oeuvre contemplative dépourvue de dialogues comme de musiques additionnelles qui, si l'on y décèlera l'écho d'un Bresson voire d'un Tati, n'en définissent pas moins un territoire éminemment personnel et fécond. Le plan-séquence qui en constitue le pivot n'est d'ailleurs pas l'unique enchantement d'un film proprement ébahissant.

Le Quattro Volte, drame de Michelangelo Frammartino, avec Giuseppe Fuda, Bruno Timpano, Nazareno Timano. 1h28.

Jean-François Pluijgers

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