[Le film de la semaine] La Tortue rouge, un pur chef-d'oeuvre

28/06/16 à 14:44 - Mise à jour à 14:44

Source: Focus Vif

ANIMATION | Une fable sans paroles ensorcelante traversée de zen attitude, prix spécial Un Certain Regard au dernier festival de Cannes.

[Le film de la semaine] La Tortue rouge, un pur chef-d'oeuvre

La Tortue rouge, de Michael Dudok de Wit © DR

L'ouverture de La Tortue rouge rappelle celle de nombreux récits d'aventures, lorsqu'une tempête recrache un naufragé sur une île déserte, le laissant à sa solitude et son désarroi. Bientôt sur pied, notre Robinson explore son nouvel environnement, de plages de sable fin en luxuriante forêt de bambous, avant d'entreprendre de le quitter. Et de construire un radeau sous le regard intéressé de quelques crabes, pour voir sa frêle embarcation, à peine mise à flot, aussi sûrement envoyée par le fond. Une fois, deux fois, l'opération se répète, avant que l'homme ne découvre être le jouet d'une tortue rouge géante dont il va tenter de se débarrasser, avant de se raviser. Une métamorphose plus loin, et ce film d'animation s'écarte de la robinsonnade classique pour se muer en célébration onirique du cycle de la vie, l'île paradisiaque se faisant écrin rousseauiste d'un bonheur partagé, en communion avec la nature...

Premier long métrage de Michael Dudok de Wit, La Tortue rouge consacre la rencontre du cinéaste hollandais, auteur de courts métrages remarqués, avec le studio japonais Ghibli, coproducteur du film. C'est peu dire que les deux univers fusionnent avec bonheur, et cette oeuvre sans paroles (mais bénéficiant de la magnifique partition de Laurent Perez del Mar) allie la simplicité et la fluidité narratives à l'ambition cosmique, pour se révéler pure merveille contemplative; un précis de l'harmonie bercé de zénitude et porté par un trait épuré dont la beauté n'a de cesse de se réinventer. Soit le mystère dont l'on fait les chefs-d'oeuvre.

DE MICHAEL DUDOK DE WIT. 1H20. SORTIE: 22/06.

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