"Le court métrage est considéré à tort comme mineur"

14/12/17 à 11:09 - Mise à jour à 11:09

Pour la quatrième année du festival Le jour le plus court, qui aura lieu le 21 décembre, le réalisateur et producteur belge Marc-Henri Wajnberg succède à Bouli Lanners en tant que parrain. Nous avons discuté avec lui de cette nouvelle édition.

"Le court métrage est considéré à tort comme mineur"

Le Réveil, réalisé par Marc-Henri Wajnberg, a récolté 22 prix internationaux en 1996. Il sera rediffusé cette année au Jour le plus court. © wajnbrosse Productions

Le jour le plus court invite chaque année le public à (re)découvrir un genre souvent méconnu voire sous-estimé: le court métrage. Pour pousser la symbolique jusqu'au bout, l'évènement se déroule lors de la journée la plus courte de l'année, le 21 décembre. Treize villes de la Fédération Wallonie-Bruxelles sont mobilisées: Ath, Bruxelles, Comines, Huy, Jemeppe-sur-Sambre, Liège, Malmedy, Mons, Namur, Quaregnon, Quiévrain, Tournai et Waterloo. L'opération aura lieu dans des cinémas, des bibliothèques mais aussi à la télévision (La Trois et BeTV) et en VOD (UniversCiné). Cette quatrième édition s'inscrit dans le cadre de l'opération 50/50 qui célèbre cinquante ans de création cinématographique en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le jour le plus court est cette année parrainé par Marc-Henri Wajnberg, réalisateur de documentaires, de fictions et également producteur de la série de 1200 courts de 8 secondes, les Clapman. Il a également été récompensé en 1996 par le Rail d'Or du Festival de Cannes pour Le Réveil, qui sera rediffusé cette année dans plusieurs programmes concoctés pour l'occasion. L'auteur belge revient en trois questions sur sa vision du court métrage.

Qu'attendez-vous de cette nouvelle édition du Jour le plus court en tant que parrain?

Cette position peut me permettre de donner un point de vue professionnel sur un format considéré à tort comme mineur. J'aimerais stimuler l'esprit créatif des jeunes, qu'ils soient réalisateurs ou non, et leur donner envie de mettre des idées en image. Et, bien entendu, cet évènement est aussi l'occasion de voir et revoir de petites perles cinématographiques et faire la fête. Je suis fier de présenter Le Réveil, que j'ai réalisé il y a vingt ans.

Qu'est-ce qui vous séduit dans le format du court métrage?

C'est un vrai genre en soi, à la manière d'une nouvelle ou d'un roman. Il peut aussi être un exercice, dans le cadre des écoles, pour se casser les dents et se former, avec des dégâts moins visibles. C'est un tremplin. Le court oblige à synthétiser les idées tout en ayant les contraintes d'un vrai film. Tous les paramètres utilisés sur un long peuvent être appliqués à un plus petit format: il faut aussi un début, une fin, des personnages, une façon de raconter, un style, travailler la lumière, le son, les mouvements de caméra, diriger une équipe... Quand on ne sait pas nager, autant apprendre dans une piscine avant de se lancer en pleine mer. Mais les réalisateurs de long ne reviennent en général pas au court par la suite et je ne comprends pas pourquoi. Quand on a un bon projet de court métrage, pourquoi se priver de le développer dans ce format? Il est très agréable de passer du long au court: c'est plus cool, moins stressant, moins lourd. Auparavant, il fallait mettre en action toute une équipe pour la réalisation d'un court métrage. Aujourd'hui on peut faire un film avec son téléphone alors autant en profiter.

Pensez-vous que le court métrage mériterait davantage de visibilité et d'être mis sur un pied d'égalité avec le long?

Il faudrait revenir à cette tradition ancienne d'un court métrage en salle avant les longs et que les chaînes belges, à l'instar des chaînes françaises, ouvrent des espaces dédiés au court métrage qui ne soient pas uniquement à des heures indues. L'espoir de revoir des courts métrages en salle est assez utopique puisque comme l'argent régit tout, un exploitant de salle préférera passer des pubs insipides plutôt que mettre en avant le travail des artistes belges. Selon moi, il faudrait obliger les salles qui reçoivent des aides européennes à passer des courts métrages.

Salammbô Marie

Le jour le plus court, du 19 au 22 décembre, à Bruxelles et en Wallonie. Programme complet sur le site de l'évènement.

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