Laurence Anyways

17/07/12 à 12:44 - Mise à jour à 12:44

DRAME | Troisième long métrage de Xavier Dolan, Laurence Anyways vient confirmer le talent insolent du jeune cinéaste québécois et un style qui s'affirme autant qu'il s'affine de film en film.

Laurence Anyways

© DR

Laurence Anyways, drame de Xavier Dolan. Avec Melvil Poupaud, Suzanne Clément, Nathalie Baye. 2h39. Sortie: 18/07. ***

DRAME | Troisième long métrage de Xavier Dolan, Laurence Anyways vient confirmer, si besoin en était, le talent insolent du jeune cinéaste québécois -23 ans à peine, et un style qui s'affirme autant qu'il s'affine de film en film. Au coeur de celui-ci, on retrouve Laurence (Melvil Poupaud), prof/esthète de littérature qui, le soir de ses 37 ans, annonce à sa compagne, Fred (Suzanne Clément), vouloir devenir une femme -désir longtemps enfoui, mais néanmoins irrépressible. Et le film d'ausculter pendant une période correspondant peu ou prou aux années 90 (ouch, la bande-son) les répercussions qu'aura cette décision sur leur couple, entré en zone de turbulences. Et à qui il va falloir affronter les préjugés d'un entourage circonspect, et l'incompréhension d'une société réagissant par le rejet à la métamorphose et aux attributs féminins désormais arborés par Laurence.

Le sujet est peu banal, la manière dont l'aborde Dolan ne l'est pas moins, lequel livre un patchwork ambitieux, son film semblant ne vouloir se dévoiler que pour mieux se dérober ensuite. Laurence Anyways est un objet paradoxal qui, tant dans l'enchaînement de séquences où l'inventivité le dispute au culot, que dans un maniérisme déjà à l'oeuvre dans Les amours imaginaires et J'ai tué ma mère, peut se révéler tour à tour irritant ou fascinant. Par-delà ces artifices plus ou moins inspirés, le réalisateur témoigne pourtant d'une authentique sensibilité pour atteindre, in fine, à une intensité dramatique proprement émouvante. Pour peu, ou en oublierait la teneur logorrhéique de l'ensemble et le jeu affecté de Melvil Poupaud, sans même parler d'une prétention mal réfrénée et d'un côté ostensiblement poseur qui constituent aussi la marque de fabrique du cinéaste, par ailleurs scénariste, monteur et concepteur des costumes du film; de quoi rendre jaloux Vincent Gallo soi-même.

Nos partenaires