Lars von Trier et les conférences de presse, c'est fini

10/08/11 à 15:58 - Mise à jour à 15:58

Le réalisateur danois Lars von Trier a annoncé qu'il ne donnerait plus de conférences de presse. Effet Terrence Malick ou traumatisme cannois?

Lars von Trier et les conférences de presse, c'est fini

© Reuters

Alors que son dernier long métrage sort dans les salles aujourd'hui, Lars von Trier annonce qu'il ne donnera plus de conférences de presse. "C'est fini. Maintenant, je vais faire comme Terrence Malick", déclare le réalisateur danois dans une interview accordée à Libération. "Il n'y a pas de raison que lui seul ait ce privilège". En juin dernier, Lars von Trier défrayait la chronique en déclarant éprouver de la sympathie pour Hitler. Une remarque qui lui avait valu le statut de "persona non grata" au festival de Cannes. Sur les raisons de ce dérapage, il explique qu'il avait accepté de donner une conférence à la demande de Gilles Jacob, président du festival, sans avoir "rien préparé". Vu la tournure des évènements, peut-être aurait-il dû prendre exemple sur son confrère Terrence Malick, qui avait, quant à lui, refusé de s'exprimer (comme à son habitude).

Le réalisateur de Dogville et Antichrist reconnaît être quelqu'un de "compliqué"."Mon problème, c'est que j'ai la hantise des conflits et que, donc, je ne peux pas m'empêcher d'en déclencher. En face d'une assemblée qui attend que je dise quelque chose, je le fait. Et quand je dis que je suis nazi, je suis très choqué que les gens me croient."

S'il regrette d'avoir blessé certaines personnes, il n'en égratigne pas moins les dérives de l'orthodoxie morale. "Ce que je veux dire aussi, et ce n'est pas pour me défendre, c'est que le politiquement correct est en train de tuer le monde. Si on tombe dans cette trappe, la pensée s'appauvrira". Faut-il y voir l'expression sincère d'un anticonformisme assumé ou une stratégie de communication soigneusement calculée? Quoiqu'il en soit, Lars von Trier n'a pas fini de faire parler de lui.

N.P. (stg)

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