L'animation belge à l'honneur au festival Anima

28/02/17 à 12:30 - Mise à jour à 12:29

Source: Focus Vif

Le festival Anima est fier de ses origines et célèbre chaque année le cinéma d'animation belge dans une compétition de court-métrages nationaux en marge de la compétition internationale. On fait le point sur une première soirée noir-jaune-rouge qui nous a mis l'eau à la bouche.

L'animation belge à l'honneur au festival Anima

Les animations créées par Nicolas Fong et utilisées par le festival Anima © Nicolas Fong

En marge de la compétition internationale, Anima présente comme chaque année un concours national de courts métrages. Pour cette édition 2017, 25 films de professionnels ou d'étudiants ont été retenus par le jury, mais plus de 40 créations noir-jaune-rouge seront proposées aux spectateurs. C'est donc l'occasion de faire un tour d'horizon de cette irréductible animation belge qui, depuis son pays grand comme un village, résiste encore et toujours.

Parmi les 1608 films soumis cette année aux pré-sélections du festival Anima, 8% étaient belges. Notre cinéma d'animation est à l'image de notre pays: sa production est réduite et fait souvent dans le court, mais dessine un territoire large comme le monde et se veut tout sauf éphémère. Tiraillé entre différentes traditions, il est atypique et touche-à-tout. Soutenu par une infrastructure d'écoles renommées, d'aides financières (Tax Shelter, Wallimage, VAF...) et surtout d'animateurs ingénieux, il s'immisce jusqu'à l'affiche du festival. L'origami pop et psychédélique que l'on voit sur toutes les vitrines est l'oeuvre de Nicolas Fong. La présence nationale au festival est aussi assurée par le film pour enfant Rintje des studios malinois Beast Animation, mettant en scène les bêtises d'un petit chien cabotin, et par le long métrage La Tortue rouge, réalisé en collaboration avec les studios carolingiens Dreamwall et déjà primé aux Magritte et à Cannes.

Ce lundi, la première soirée "C'est du belge" nous mettait l'eau à la bouche pour la suite de la programmation. En un peu plus d'une heure, sept court-métrages nous on fait voyager dans des lieux aussi variés que les prairies vert pomme de Sarah Brûlé, les bâtiments abandonnés d'Exitus Urbanimation, l'univers géométrique de Patrick Vandebroek ou le décor psychédélique de Yin. Pas de chocolat, de frites ou de blagues belges dans ces courts métrages: s'il existe une "belgian touch", elle se caractérise par un mélange de douceur et d'humour corrosif, des techniques innovantes et une inventivité graphique.

Estate, Yin, Catherine ou encore The Gap annoncent déjà une compétition rude. Nicolas Fong pourrait être le grand favori avec son bestiaire décliné à l'infini dans des animations cycliques et japonisantes. Elles ont déjà séduit les organisateurs du festival qui l'ont chargé de réaliser l'affiche, mais aussi les groupes BRNS et Arun Tazieff pour lesquels il a réalisé des clips psychédéliques. Dans Yin, il conçoit une histoire d'amour cosmique et mêle des influences japonaises, une dimension psychédélique et des figures impossibles inspirée d'Escher. "Mon film va bientôt tous vous rendre fous", nous prévenait l'animateur au début de la projection. S'il ne nous a pas plongé dans la démence, il nous a toutefois conquis. Dans un autre registre, Estate de Ronny Trocker risque également de marquer les esprits. L'artiste interroge l'actualité dans ce court métrage s'inspirant d'une photo de Juan Medina. Il suspend le temps pour montrer un réfugié qui se traine sur la plage au milieu des touristes indifférents ou d'une curiosité indécente. Catherine de Britt Raes joue quant à lui sur un dessin naïf et un humour acide. Impossible de ne pas rire ou s'émouvoir face à cette petite fille affectueuse mais d'une mortelle maladresse. La preuve par trois que les plus courtes sont les meilleures et que l'animation belge sait jouer de ses talents.

Ce 28 février à 19h30 aura lieu le deuxième round de la compétition nationale. Après les créations de professionnels, on y présentera les films étudiants en lice. Plus tôt dans l'après-midi, une rencontre est également organisée avec Thomas Rollus, devenu directeur artistique chez Ubisoft après des études en arts numériques à Bruxelles. La projection des nouvelles aventures de Cowboy et Indien dans Panique Tous Courts est prévue pour 14h. Le palmarès de cette édition du festival Anima sera révélé ce dimanche 5 mars.

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