Joachim Lafosse: "une espèce de terrorisme humanitaire"

27/01/16 à 14:45 - Mise à jour à 14:50

Source: Focus Vif

Joachim Lafosse creuse la veine d'un cinéma populaire aux enjeux exigeants dans Les Chevaliers blancs, récit d'un fiasco humanitaire inspiré du scandale de L'Arche de Zoé.

"Le cinéma, c'est la possibilité de parler de soi sans dire que c'est soi." Enoncé par Joachim Lafosse alors qu'on le retrouve dans les odeurs de peinture encore fraîche de son nouveau chez lui à Forest, ce postulat aura toujours été l'une des clés d'un parcours commencé au début du siècle, et d'emblée placé sous le signe d'une subjectivité aux assises autobiographiques. Entre 2001 et 2006, le court Tribu, Folie privée, dans une moindre mesure Ça rend heureux puis surtout Nue propriété puisent ainsi largement dans la trame équivoque d'une histoire familiale aux accents transgressifs, débordant du cadre étriqué de la simple autofiction par l'affirmation d'un regard fort, hanté par le motif de la Loi. Soit tout l'enjeu encore d'un Elève libre (2008), récit retors d'une initiation virant insensiblement à la manipulation abusive, qui s'ouvre sur ces mots: "A nos limites." Comme pour mieux souligner que la vie, et donc le cinéma, sont peut-être avant tout une question de morale. Vaste et complexe champ de réflexion que se propose crânement de labourer, en 2012, A perdre la raison, inspiré de la fameuse affaire Lhermitte, drame domestique dont les ondes de choc, massives, interrogent la frontière entre don et dette, amour et démence, par-delà le tsunami d'émotions.
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