Jafar Panahi condamné, c'est tout le cinéma iranien qui est en prison

22/12/10 à 14:53 - Mise à jour à 14:53

Le cinéaste iranien Jafar Panahi, proche de l'opposition, a été condamné lundi à six de prison et vingt ans d'enfermement dans son pays, vingt années pendant lesquelles il ne pourra pas donner d'interview ni réaliser de film, écrire d'article... Bref, le silence. Une pétition est lancée pour exiger une levée de peine.

Jafar Panahi condamné, c'est tout le cinéma iranien qui est en prison

© EPA

Le cinéaste iranien Jafar Panahi, proche de l'opposition dans son pays, a été condamné à six ans de prison, et la justice lui a interdit de réaliser des films ou de quitter le pays pendant les vingt prochaines années, annonçait son avocate lundi. "M. Panahi a été condamné à six ans de prison pour participation à des rassemblements et pour propagande contre le régime", a déclaré Farideh Gheirat, selon des propos rapportés par l'agence de presse Isna. "Il est frappé d'une interdiction de réaliser des films, d'écrire des scénarios, de voyager à l'étranger ou de donner des interviews à des médias locaux ou étrangers durant les 20 prochaines années", a précisé l'avocate.

L'avocate a indiqué qu'elle allait interjeter appel.

En attendant, pour Jafar Panahi, c'est une double peine particulière sévère qui lui a été infligée. Non seulement il est privé de liberté pendant plusieurs années (que ce soit en prison ou à l'intérieur des frontières iraniennes), mais en plus il est condamné au silence, ce qui pour un artiste militant équivaut à la peine capitale.

Jafar Panahi rejoint ainsi, outre des milliers d'autres prisonniers qui croupissent en prison, un autre cinéaste condamné à des peines semblables: Mohammed Rassoulov. Pour la plupart d'entre eux, dont Jafar Panahi, leur seul tort a été, quoi qu'en disent les autorités iraniennes, de continuer à exercer leur profession, au-delà des menaces et avertissements.

Une série d'organisations issues des milieux du septième Art (la Cinémathèque française, les festivals de Cannes, de Locarno, de Venise ou de Sarajevo, la revue Les Cahiers du Cinéma, etc.) se sont jointes pour lancer une pétition en faveur d'une levée de la sentence adressée à Jafar Panahi. Car à travers elle, c'est tout le cinéma iranien qui est visé. Il est précisé que la pétition internationale est adressée à tout le monde, que ce soit les professionnels du cinéma (producteurs, artistes...) ou les amateurs de cinéma, et même simplement les citoyens touchés par la situation des droits de l'homme dans le monde.

Signez la pétition en faveur de l'annulation de la sentence prononcée à l'encontre de Jafar Panahi.

Focusvif.be

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