Jaco Van Dormael: "Plus je vieillis et plus je dois apprendre à faire des films avec moins d'argent!"

22/06/17 à 14:39 - Mise à jour à 14:38
Du LeVif Focus du 16/06/17

L'aide au cinéma belge francophone a 50 ans. L'heure est à la fête, mais l'avenir pose toujours question.

Un demi-siècle d'aide au cinéma, cela se fête. La Commission de sélection des films aura encore, en 2016 et avec une enveloppe de 8,47 millions d'euros, soutenu 114 projets, "tous créneaux confondus" (donc en incluant téléfilms et séries télévisées). Benoît Mariage, réalisateur entre autres des Convoyeurs attendent et des Rayures du zèbre, reconnaît l'importance de ce système de subsidiation: "Passer à la Commission, c'est déjà voir si le projet est viable. Quand tu écris un scénario, c'est le premier enjeu, comme un label de qualité, au-delà même de l'argent que tu reçois. Bien sûr, après c'est au producteur et à toi de poursuivre le financement, mais cela te donne une énergie pour le faire. C'est le passage obligé. On te demande: "T'as eu la Commission?" Ne pas l'avoir, c'est quand même mal parti... Tous mes films l'ont eue, les courts métrages puis les longs. Si je n'avais pas reçu cette aide, je ne sais pas si j'aurais fait ces films... J'ai réalisé des films à vocation plus populaire, mais un projet comme L'Autre, avec un sujet difficile (deuil d'enfant, handicap, NDLR), qui a eu un public confidentiel mais qui a été à Sundance, n'aurait jamais vu le jour sans l'aide de la Communauté française." Jaco Van Dormael, dont le Toto le héros a lancé le mouvement de reconnaissance du cinéma belge francophone avec sa Caméra d'Or à Cannes, resitue les choses dans leur précieux contexte: "Le plus intéressant avec ces 50 ans et leur bilan, c'est qu'il y a autant de cinémas belges francophones que de cinéastes belges francophones. Peut-être parce que n'ayant pas de tuyaux, on ne fait pas des films formatés, ronds qui ont la forme du tuyau, on fait des films en forme de triangle, en forme de fleurs, des films qui restent parfois coincés dans d'autres tuyaux, ailleurs comme ici... Des films prototypes qui ne répondent à aucune demande du marché puisqu'il n'y a pas de marché! Quand on montait Toto, dans la salle d'à côté ils montaient C'est arrivé près de chez vous. On entendait, à travers les murs, les répliques d'un film à l'autre, c'était très drôle! André Delvaux nous avait montré qu'il était possible de faire du cinéma en Belgique, il a ouvert cette porte-là... Et puis au début des années 90 il y a donc eu Toto et C'est arrivé près d...

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