"J'espère que mon film sur le don d'organe pourra libérer les gens sur le fait d'en parler"

09/11/16 à 10:18 - Mise à jour à 10:18

Source: Focus Vif

Adaptant Réparer les vivants, le best-seller de Maylis de Kerangal, Katell Quillévéré, la réalisatrice de Suzanne, signe un drame bouleversant, où le sentiment de perte est transcendé par la pulsion de vie.

Aux côtés de Céline Sciamma ou Rebecca Zlotowski, Katell Quillévéré incarne cette génération de réalisatrices venues secouer le cinéma français depuis une petite dizaine d'années maintenant. Révélée en 2010 par Un poison violent, le portrait d'une adolescente à l'été de tous les changements, la cinéaste enchaînait trois ans plus tard avec Suzanne, l'histoire d'une femme-enfant emportée dans le tourbillon de la vie. Il est encore question de vie -et de mort- dans Réparer les vivants, son troisième long métrage, une adaptation du best-seller éponyme de Maylis de Kerangal. Une gageure, le roman -l'histoire d'un adolescent qu'un accident a laissé en état de mort cérébrale et dont le coeur pourrait sauver une autre vie- semblant a priori intransposable sans verser dans le pensum laborieux sur le don d'organes et/ou dans le mélo dégoulinant. Un double écueil évité avec panache, Quillévéré osant un regard clinique n'altérant en rien l'émotion, pour signer un film d'une formidable justesse. "J'ai découvert le livre à sa sortie (en janvier 2014, NDLR), et je l'ai lu d'une traite, en quelques heures, commence-t-elle, alors qu'on la rencontre, par une matinée de septembre, dans le cadre de la Mostra de Venise. Sa lecture m'a bouleversée, avec une intuition très forte que j'avais quelque chose à voir avec cette histoire, qu'elle recelait la promesse d'un très beau film, très personnel, sans pouvoir vraiment rationnaliser cette sensation. Il ne faut pas toujours chercher à le faire, d'ailleurs, il importe surtout de se sentir dans une relation intime à l'oeuvre de l'autre, condition pour espérer réussir une adaptation."
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