InSyriated: "Si Bruxelles était sous les bombes, que ferait-on sans eau, électricité, réseau cellulaire...?"

12/10/17 à 12:00 - Mise à jour à 12:01
Du Le Vif Focus du 13/10/17

Deuxième long métrage de Philippe Van Leeuw, InSyriated retrace le quotidien d'une famille syrienne piégée par la guerre. Et tentant de survivre au quotidien dans un appartement transformé en camp retranché. Un huis clos sous haute tension, au plus près de l'humain.

Après le génocide rwandais dans Le Jour où Dieu est parti en voyage, c'est à un autre sujet brûlant que s'attelle le cinéaste belge Philippe Van Leeuw avec InSyriated (lire la critique), son second long métrage. À savoir la guerre en Syrie, envisagée à travers le sort d'une famille piégée comme beaucoup d'autres par les bombardements et tentant, sous la conduite déterminée d'une mère courage, d'organiser sa survie au jour le jour, cachée dans son appartement de Damas, comme encerclée par les échos assourdissants d'un conflit maintenu hors-champ. Une puissante proposition de cinéma, inscrite au plus près de l'humain, et un film né, comme son précédent, de l'indignation de son auteur. "Je me mets plutôt en action par réaction, commence-t-il, évoquant la genèse du projet, alors qu'on le rencontre en février dernier à Berlin d'où son film, présenté au Panorama, repartira avec le prix du public et le label Europa Cinemas. En regardant les infos, j'ai vu une sorte de désintérêt ou d'indifférence pour la situation en Syrie, alors que pendant six mois, des manifestations pacifiques avaient été la cible de snipers à la solde du régime, cherchant à faire fuir les gens. Jusqu'au moment où cela a déraillé et qu'on s'est retrouvé avec un conflit armé tel qu'on le connaît aujourd'hui, soit quasiment Beyrouth il y a 25 ans: des factions qui changent d'alliance au jour le jour, avec un régime tapant sur tout le monde, quelque chose d'assez terrifiant. Au moment où je me mets en route, la guerre éclate véritablement; la révolution remportait ses premiers succès en juillet 2012, et moi, je commence à écrire au début 2013. Les médias internationaux n'avaient guère d'accès sur le terrain, on nous expliquait le conflit, il y avait des images de guerre, mais rien sur ce qui arrivait aux civils. Mais alors qu'il m'avait fallu tant de temps pour imaginer quelque chose à partir d'une même montée de colère que pour le génocide au Rwanda, j'ai voulu cette fois, face au sentiment d'une injustice absolument insupportable, me lancer tout de suite..."
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