Habemus Papam, de Nanni Moretti, divise les catholiques

19/04/11 à 10:31 - Mise à jour à 10:31

La dernière réalisation du cinéaste italien Nanni Moretti sème une petite discorde chez les catholiques de la péninsule. Le film Habemus Papam, qui raconte comment un pape tout juste élu est pris de panique par la foule réunie place Saint-Pierre, est perçu par certains comme une comédie légère respectueuse, par d'autres comme un film insolent et superficiel.

Habemus Papam, de Nanni Moretti, divise les catholiques

© DR

Le film Habemus Papam, de Nanni Moretti, sur l'impossibité psychologique d'un pape à assumer son élection, doit-il être boycotté? Respectueux et humain pour les uns, superficiel et insolent pour d'autres, il divise déjà la communauté catholique en Italie.

Sorti vendredi dans 447 salles de la péninsule, ce film-portrait "psychanalytique" d'un nouveau pape (Michel Piccoli) pris de panique et refusant de se présenter aux fidèles place Saint-Pierre, a été pris d'assaut pendant le week-end, générant 1,3 million d'euros de recettes. Dans une lettre publiée par l'influent journal des évêques italiens, Avvenire, le vaticaniste Salvatore Izzo a lancé l'offensive, appelant les catholiques à boycotter ce film qui pénètre avec humour mais sans malveillance dans le monde clos des cardinaux pendant un conclave. Aller le voir revient à récompenser un film qui "ennuiera" profondément les non-croyants, a-t-il fait valoir.

Les critiques ont cependant été plutôt positives, comme celle de la revue des Jésuites Civiltà Cattolica ou encore de Radio Vatican qui n'a vu dans ce film "aucune ironie, aucune caricature". Avvenire a publié cette lettre ouverte, mais cela ne constitue pas une prise de position des évêques. "J'espère qu'ils ne le feront pas. Ils feraient piètre figure. Car la foi n'est pas en jeu", affirme le vaticaniste Luigi Accattoli, qui ajoute: "Ce film est respectueux, il doit être pris comme la comédie légère qu'il est".

Sandro Magister, autre spécialiste du Vatican, relève que des voix diverses s'expriment, mais qu'il n'y a pas de condamnation officielle. "Si elle était proférée, cela profiterait au réalisateur: il serait ravi d'une polémique qui est totalement dénuée de fondement."

Focusvif.be, avec Belga

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