Festival de Deauville: Un film à propos de rien

07/09/17 à 18:41 - Mise à jour à 18:41

Assistant réalisateur de David Gordon Green (Prince Avalanche, Joe), Amman Abbasi signe avec Stupid Things un premier long métrage marqué par l'absence, le vide et l'ennui. L'un des temps forts de cette 43e édition.

Festival de Deauville: Un film à propos de rien

Stupid Things, d'Amman Abbasi © DR

On se souvient de George Costanza pitchant son projet de sitcom aux pontes de NBC: "The show is about nothing." Et Jerry Seinfeld d'ajouter aussitôt dans la foulée: "But even nothing is something." C'est, dans le registre du récit d'apprentissage aux ressorts dramatiques, au fond la même ambition qui anime aujourd'hui le jeune cinéaste américain d'origine pakistanaise Amman Abbasi, à la barre de son tout premier long métrage, Stupid Things (Dayveon en vo), dont il signe à la fois la réalisation, le scénario, le montage et la musique. Objectif avoué, donc: dépeindre l'absence, le vide, la glande, l'ennui. Le rien comme terreau du dérapage criminel. De Gook à Blueprint, c'est en effet l'une des tendances majeures de la Compétition de cette 43e édition du Festival de Deauville: l'engrenage de la violence et la réalité des gangs. Mais Abbasi se démarque par sa démarche en creux et son refus du spectaculaire. Soit, dans un trou perdu de l'Arkansas, le quotidien d'un jeune black de 13 ans, fixant jusqu'à l'obsession les photos de son grand frère mort assassiné avant d'être enrôlé par le gang de bras cassés local. Point de départ de non-aventures filmées sans misérabilisme ni romantisation du désoeuvrement, dans un réalisme des plus crus doublé d'une symbolique de la contamination figurée par des... abeilles. Une vraie curiosité.

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