Festival de Deauville (6): Le prix du succès

12/09/14 à 10:56 - Mise à jour à 10:56

Ovationné en séance publique, le Whiplash de Damien Chazelle, véritable bête de festivals, est sur toutes les lèvres à Deauville, et part grand favori pour la récompense suprême de cette 40e édition de l'événement cinéphile normand.

Festival de Deauville (6): Le prix du succès

Whiplash, de Damien Chazelle © DR

Grand vainqueur en janvier à Sundance, ovationné en mai à la Quinzaine à Cannes, le Whiplash de Damien Chazelle a sans surprise conquis la grande salle du C.I.D. jeudi après-midi à Deauville. Un succès unanime, donc, pour un film qui s'attache justement à en mesurer le prix, à travers le destin d'Andrew (Miles Teller, formidable), jeune étudiant au Conservatoire de Manhattan qui rêve de devenir l'un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Ambition poursuivie à force d'entraînement acharné, et pourtant mise à mal par un professeur tyrannique obsédé par l'idée de révéler le nouveau Buddy Rich. Si le clash semble inévitable, l'échec, lui, reste prohibé. Puisque, c'est bien connu, les musiciens ratés finissent dans des groupes de rock...

Sous ses dehors éculés de Flashdance du jazz, Whiplash a le bon goût de ne pas être une énième success story comme le cinéma US en raffole tant. A la traditionnelle question "Va-t-il réussir?", le film en substitue en effet une autre, beaucoup plus passionnante: "Qu'est-il prêt à endurer pour réussir?" Si certaines situations semblent pour le moins forcées, et le final objectivement peu crédible, Chazelle observe sans complaisance ni fascination béate l'angoisse, le doute, la peur et la souffrance de son prodige en quête d'extase, s'appliquant à filmer les nombreuses joutes musicales comme de véritables scènes d'action. Intense, à défaut d'être brillant.

En savoir plus sur:

Nos partenaires