Festival de Deauville (5): White spirit

11/09/15 à 10:19 - Mise à jour à 10:19

James White, le turbulent premier film de Josh Mond, dresse le portrait sous speed d'un jeune new-yorkais à la vie dissolue violemment confronté à sa tristesse et à ses peurs. Enorme coup de coeur!

Festival de Deauville (5): White spirit

James White, le turbulent premier film de Josh Mond © DR

James White était reparti de Sundance avec le Prix révélation du Public en début d'année. Pas sûr, ceci dit, que les spectateurs très... conservateurs de Deauville lui réservent le même sort en fin de semaine. Gageons, en tout cas, que le jury emmené par Benoît Jacquot ne restera pas insensible à la chose, tant il est vrai que le premier long métrage de Josh Mond est de la trempe, peu commune, de ces tsunamis filmiques à même de tout renverser sur leur passage.

Guerrière, la caméra est rivée aux basques et au visage de James White (formidable et méconnaissable Christopher Abbott, le Charlie de la série Girls), jeune new-yorkais en colère ne trouvant pas sa place dans le monde frénétique qui l'entoure. Peut-être parce qu'il ne la cherche tout simplement pas, préférant laisser parler la violence et le mal-être qui l'habitent comme des démons gloutons. La perte de son père, d'abord, puis la maladie de sa mère, vont pourtant l'obliger peu à peu à assumer davantage ses responsabilités, et surtout à faire le difficile apprentissage de la solitude, soit l'alpha et l'oméga de tout être...

D'inspiration autobiographique, ce récit sans concession d'une ultra moderne hébétude distribue les mandales émotionnelles avec une classe insolente, le jeune Josh Mond signant là un film générationnel au flow ravageur, et qui a le bon goût de ne jamais chercher à être aimable, tendu tout entier vers une justesse et une authenticité affolantes. Un énorme coup de coeur, et notre grand favori dans la course à la récompense suprême de la Compétition deauvillaise.

(sortie belge en 2016)

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