Festival de Cannes - Jour 1: Michael ou Mathieu?

12/05/10 à 16:47 - Mise à jour à 16:47

Pour les journalistes couvrant le Festival, c'est là le passage obligé, et celui qui déterminera une bonne partie de la suite des opérations, à savoir la tournée des bureaux des attachés de presse, seuls à même d'attribuer les précieux sésames donnant accès au saint des saints, l'interview...

Pour les journalistes couvrant le Festival, c'est là le passage obligé, et celui qui déterminera une bonne partie de la suite des opérations, à savoir la tournée des bureaux des attachés de presse, seuls à même d'attribuer les précieux sésames donnant accès au saint des saints, l'interview (qui, autant le savoir d'emblée, se décline généralement sous une forme bâtarde -la table ronde-; le face à face étant pour sa part ravalé depuis longtemps au rang d'accessoire périmé).

Dûment nominés par les distributeurs nationaux des films, les journalistes défilent donc de bureau en bureau -ils sont une dizaine, environ, disséminés dans la ville, à se partager le butin cannois, à raison de quelques films chacun. La patience est ici une vertu cardinale, le sens de l'humour une autre, sans quoi l'entreprise peut vite tourner au parcours du combattant: entre les "pourriez-vous repasser après-demain, nous n'avons pas encore commencé les plannings de ce film" et autres "désolé, mais nous n'avons pas reçu votre nomination", les sources de frustration sont nombreuses, exacerbées encore par les X heures d'attente sous le cagnard. Enfin, ça, c'est en général, parce que, pour le coup, la petite laine n'est pas de trop, tandis que, témoin peut-être d'une édition que les cassandres annoncent morose, les rangs sont quelque peu clairsemés -avec pour effet immédiat une réduction significative du temps passé à battre le pavé cannois.

L'entreprise provisoirement menée à bon terme, vient le moment redouté des choix cornéliens. Les plus philosophes y verront, à la rigueur, quelque réminiscence du temps de la cour de récré, et des figurines Panini: dis, tu m'échanges un Michael Douglas contre un Mathieu Amalric?

Jean-François Pluijgers

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