Femmes et cinéma (4/6): Chantal Akerman, tout feu, tout femme

01/08/18 à 14:26 - Mise à jour à 06/08/18 à 14:26
Du Le Vif Focus du 02/08/18

Chantal Akerman a signé du cinéma à la première personne, qui dit "je" mais aussi "tu", "il", "elle". Et qui reste d'une brûlante acuité.

Les années 70 étaient encore jeunes et une cinéaste, belge, se signalait brillamment au regard des cinéphiles internationaux. Chantal Akerman n'avait pas 25 ans, mais déjà sept films à son actif, dont les très remarqués Saute ma ville (1968), Hôtel Monterey (1972) et Je, tu, il, elle (1974). Celui qu'elle tournait à Bruxelles, avec Delphine Seyrig dans le rôle titulaire, bouleverserait bientôt la modernité cinématographique tout en posant un acte féministe fort. Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles allait rester l'oeuvre emblématique d'une artiste à jamais rebelle, inclassable, creusant la voie expérimentale et le documentaire tout en signant des films narratifs plus accessibles et même quelques incursions dans le cinéma de genre, avec stars et tout et tout. Chantal avait beau être toute menue, en apparence fragile, elle n'avait peur de rien. Sauf peut-être de la solitude et du manque d'amour, qui hanteraient plusieurs de ses films. Cette belle personne aux yeux volontiers rieurs a su évoluer dans la grâce et dans l'exigence. Dans la générosité d'une démarche qui partait presque toujours de l'intime le plus personnel mais qui toujours allait vers l'autre, riche de toutes les différences qu'Akerman ressentait profondément en elle-même.
...

Vous souhaitez continuer à nous lire?

Lisez 3 articles gratuits par mois

Je m'enregistre Je suis déjà enregistré
ou

Les abonnés du Vif/l'Express bénéficient d'un accès illimité à tous les articles sur LeVif.be

Je prends un abonnement Je suis déjà abonné

Nos partenaires