En images: à la découverte des joyaux méconnus de Bruxelles

21/10/15 à 10:23 - Mise à jour à 16:33

Source: Focus Vif

Fermés, oubliés, interdits parfois pendant des décennies, d'anciens cinémas, des rescapés de l'Expo 58 ou ce scandaleux pavillon du Cinquantenaire renaissent aujourd'hui. Ou tentent de le faire.

1989, La Chasse, quartier popu d'Etterbeek, pas loin des Rio, Novelty et Léopold, cinés aux sièges usés par Tarzan, les westerns et les extra-terrestres. On tourne pour la télévision un portrait de Thierry de Mey (musicien-réalisateur et aujourd'hui co-directeur de Charleroi-Danses) qui nous emmène dans un autre cinéma mort de Bruxelles. Sous l'éclairage cru de la télé, les vieilles dorures de l'Albert Hall exhibent de hauts plafonds, souvenir désuet d'empire exténué. On pense aux images de Detroit la décatie qui se multiplient depuis des années sur le Net, ces ballrooms déglingués par l'absence, ces cavernes rock du MC5 et des Stooges ramenées à la préhistoire pour cause de faillite économique. La sensation est la même: la salle d'Etterbeek est magnifique, mais lépreuse, survivante d'un passé irradié. Début octobre 2015, retour à l'Albert Hall: façade pimpante et Art Déco impeccablement restitué, dont cette Roseland Room de 800 mètres carrés, qui retrouve le chic gala des années 30. Ouvert en 1932 et fermé en 1965, l'Albert Hall -royal même s'il n'en porte pas le titre- est resté muet pendant 30 ans, revivant sous le sceau événementiel depuis 1995. Comme le confirme l'excellent bouquin Cinémas de Bruxelles - Portraits et destins d'Isabel Biver (1), le cycle de vie d'une salle de spectacle n'est jamais clos. Et parfois, les sequels valent bien les prequels. Pas qu'au rayon ciné d'ailleurs: authentique jardin de plantations daté du XIXe siècle, le Botanique pétrole aujourd'hui de 300 concerts à l'année, d'un festival et d'une réputation outre-Quiévrain. Pas facile d'imaginer qu'avant leur réouverture comme lieu de spectacles en 1984, les serres amochées des années 70 servent essentiellement de garage aux pigeons. Même que les autorités, toujours inspirées, pensaient raser ce qui devenait alors un chancre. Etat des lieux.
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