Drôle de festival !

15/03/10 à 11:17 - Mise à jour à 11:17

Un gang de Japonaises menant la vie dure à des yakuzas, un grenier rempli d'aventures et le mythe de la Vierge Marie revisité... N'allez pas plus loin, vous êtes à l'Offscreen Festival.

Un gang de Japonaises menant la vie dure à des yakuzas, un grenier rempli d'aventures et le mythe de la Vierge Marie revisité... N'allez pas plus loin, vous êtes à l'Offscreen Festival.

Entrant dans sa troisième et dernière semaine d'exploitation pour se terminer le 21 mars - la Cinematek proposera toutefois le 26 mars The Price of Power, un western spaghetti de Tonino Valerii - le Festival continue de surprendre en proposant des oeuvres variées dans la sélection des avant-premières.

Revenons d'abord sur le film de cinéma d'exploitation japonais, Stray Cat Rock: Sex Hunter de Yasuharu Hasebe qui possède un pitch plutôt alléchant. Des femmes mènent la vie dure à un gang de yakuzas après que ces derniers les aient vendus comme objets sexuels. Drogue, violence, sexe et surtout une énorme dose de décalage étaient au rendez-vous.
Avec une oeuvre qui ne se prend pas au sérieux (et heureusement!), Hasebe distille pourtant des messages bien plus sérieux. Même si ce n'est pas du Kubrick ou du Tarkovski dans le côté intellectuel des choses, il existe au moins un fond. Il s'agit d'une critique acerbe du racisme existant au Japon face aux enfants des soldats américains et des Japonaises. Le film dépeint aussi une société sombrant dans la décadence.
Il ne faut pas non plus se fier au titre, si le sexe est présent, il l'est en fait assez rarement à l'écran - certaines mauvaises langues diront qu'il est bien plus présent dans les productions françaises actuelles que dans le cinéma Pink et Violent des années 70. Pour le reste, les castagnes sentent bon le chiqué et les acteurs (sauf Meiko Kaji) jouent tous de manière clichée. Mais c'est qui fait un peu le charme des productions de ce type. Et puis honnêtement, le résultat est réussi en assurant totalement ce pourquoi il existe: détendre le téléspectateur.

Dans un tout autre genre, le cinéma Nova diffusait une oeuvre pour enfants: Drôle de grenier ! de Jiri Barta est un véritable bijou de l'animation.
Venant tout droit de République Tchèque, les bases de l'histoire sont assez simples. Dans un grenier, des jouets, dont Madeleine une poupée, vivent paisiblement jusqu'à ce que La Tête, chef de l'empire du mal, ne la capture. Ces amis vont tout mettre en oeuvre pour la sauver. C'est à partir de ce récit manichéen mais assumé que les folles aventures commencent. Et Barta va alors user d'énormément d'imagination et de créativité pour enthousiasmer les petits et les grands. Presque sans temps mort (quelques longueurs émaillent cependant le film), d'une richesse incroyable et émerveillant les enfants, Drôle de grenier ! est la preuve qu'il ne faut pas s'appeler Tim Burton ou Pixar pour réaliser des oeuvres d'animation réussies.

Le troisième long-métrage vient tout droit du cinéma indépendant américain. The Immaculate Conception of Little Dizzle est le premier film du jeune cinéaste David Russo. Il a été présenté en 2009 au festival de Sundance.
Le pitch est très décalé: Dory et ses collègues raffolent des biscuits d'une société dont ils nettoient les bureaux. Mais ils sont victimes d'étranges effets secondaires. Les hommes se retrouvent enceints et accouchent d'un étrange poisson bleu... Le ton est donné. David Russo déborde d'idées originales aussi bien sur le fond ou sur la forme. Le metteur en scène revisite à sa manière le mythe de la vierge Marie mais s'interroge également sur la place des religions dans notre société d'aujourd'hui. D'autres thèmes sont abordés comme celui de la théorie du complot. Malheureusement, comme cela part dans tous les sens, le cinéaste ne fait qu'explorer la plupart des sujets sans réellement les approfondir.
Sa mise en scène est tout aussi originale que le synopsis de départ. Proposant de multiples effets et un montage nerveux et rapide rappelant parfois celui de Darren Aronofsky à ses débuts, le film se démarque de la sorte. Mais là-aussi, le cinéaste tombe dans l'excès. En fait, David Russo est un gars plein de promesse, Little Dizzle le démontre suffisamment mais il manque encore de la maturité au cinéaste que pour convaincre entièrement.

Benoît Ronflette (Stg)

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