Critique ciné: Trois souvenirs de ma jeunesse, paradis perdu

19/05/15 à 13:47 - Mise à jour à 27/01/16 à 11:40

Source: Focus Vif

COMÉDIE DRAMATIQUE | Dans Trois souvenirs de ma jeunesse, Arnaud Desplechin célèbre une certaine idée du cinéma, où l'amour et la curiosité tiennent une place essentielle.

Critique ciné: Trois souvenirs de ma jeunesse, paradis perdu

Trois souvenirs de ma jeunesse © DR

Cela commence comme un film d'espionnage, avec échange d'identités sur fond de Guerre froide et emprisonnement du héros. Dans sa geôle, Paul Dédalus se retrouve confronté aux conséquences d'actes audacieux posés lorsqu'il était lycéen en voyage scolaire en URSS. L'occasion pour lui de se replonger dans un passé où l'engagement politique, humanitaire, n'empêcha pas l'amour de prendre la plus grande place. Et le thriller de se transformer en évocation d'une passion adolescente peut-être plus riche encore en mystères... Présenté comme une "préquelle" à Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle), film de 1996, Trois souvenirs de ma jeunesse a l'élégance, la subtilité, le goût du secret et des rapports entre ombre et lumière, entre réel et imaginaire, qui marquent le cinéma d'Arnaud Desplechin. Porté par le complice numéro un du réalisateur, Mathieu Amalric, et par le jeune Quentin Dolmaire dans les flash-backs composant l'essentiel du récit, il nous invite à visiter un paradis perdu. Celui d'une jeunesse que (se) rêve Desplechin sur les pas d'un personnage nommé comme le Stephen Dedalus du Portrait de l'artiste en jeune homme de James Joyce. Un peu fragile, un peu répétitif, mais semé d'instants de grâce et porté par son élan romanesque, Trois souvenirs de ma jeunesse creuse bien joliment une matière d'évidence fort intime.

D'ARNAUD DESPLECHIN. AVEC QUENTIN DOLMAIRE, LOU ROY LECOLLINET, MATHIEU AMALRIC. 2H. SORTIE: 20/05.

Dans le Focus du 15 mai, les interviews d'Arnaud Desplechin et Mathieu Amalric.

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