Critique ciné: The Attack

04/06/13 à 14:45 - Mise à jour à 18/12/13 à 15:42

DRAME | Dans son évocation de l'imbroglio israélo-arabe, Ziad Doueiri saute la case manichéisme avec audace, intelligence et talent.

The Attack

The Attack © DR

The Attack

The Attack © DR

Des films sur le Proche-Orient, sur le conflit israélo-arabe, sur les Palestiniens, on en voit fleurir désormais de nombreux et variés, allant de la militance plus ou moins désespérée (et désespérante parfois) aux bonnes intentions qui ne font pas toujours de très bons films, même s'ils vibrent d'espoirs de paix, de réconciliation. The Attack (souvent présenté sous son titre français L'Attentat) est l'un des plus particuliers, des plus audacieux, des plus riches humainement, politiquement et cinématographiquement. Parce que son réalisateur d'origine libanaise, Ziad Doueiri, connu pour son déjà passionnant West Beirut, y défie tout à la fois, et avec un immense talent, les limites du cinéma manichéen, propagandiste, et celles du regard bien-pensant, tenté par l'angélisme.

Remarquablement adapté du roman de Yasmina Khadra, le film commence à Tel-Aviv, à la terrasse d'un café où un acte terroriste sanglant va être perpétré. Quelqu'un -une femme, vraisemblablement- a dissimulé une bombe sous ses vêtements et se fait exploser, entraînant dans la mort nombre de clients et d'employés de l'établissement, des passants aussi... Amin Jaafari, chirurgien d'excellente réputation, travaille à l'hôpital vers lequel la plupart des victimes sont envoyées par les services de secours. Cet Arabe israélien est inquiet pour son épouse, dont il n'a pas de nouvelles. Il est loin de se douter que quelques heures plus tard, la police viendra lui révéler que sa bien-aimée est soupçonnée d'avoir commis l'attentat...

L'ombre d'un doute

Durant toute l'intrigue, nous allons suivre Amin, confronté au choc d'une accusation qui ne peut a priori qu'être fausse, mais qui va l'amener (par-delà une colère et une révolte initiales) à s'interroger sur sa femme disparue, sur ses déplacements dans les "territoires", sur le rôle joué par tel ou tel parent ou connaissance. Il sera conduit à questionner aussi sa propre situation de citoyen israélien d'origine arabe, vécue dans le confort d'une reconnaissance scientifique majeure et d'un train de vie l'inscrivant dans les classes aisées... Ziad Doueiri a trouvé en Ali Suliman l'interprète idéal d'Amin. On avait déjà vu et apprécié cet acteur (lui aussi Arabe israélien) instinctif et à la forte présence dans Paradise Now, Lemon Tree, Le Temps qu'il reste et les productions hollywoodiennes The Kingdom et Body Of Lies.

De Ziad Doueiri. Avec Ali Suliman, Evgenia Dodena, Reymond Amsalem. 1h45. Sortie: 05/06.

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