Critique ciné: Terre battue, portrait sensible à la Dardenne

20/01/15 à 11:25 - Mise à jour à 11:25

Source: Focus

DRAME | Il est beaucoup question de lignes dans le premier long métrage de Stéphane Demoustier où le sport se pose en métaphore violente d'une société ayant érigé la concurrence et la réussite en vertus cardinales.

Critique ciné: Terre battue, portrait sensible à la Dardenne

Charles Mérienne dans Terre battue © DR

C'est l'histoire d'un père et de son fils, Jérôme (Olivier Gourmet), cadre dans la grande distribution, sacrifié à 50 ans sur l'autel de la rentabilité, et Ugo (Charles Mérienne), 11 ans, graine de champion de tennis. Rompu au système, le premier décide de faire front dans l'adversité en tentant de monter sa propre société; quant au second, il ne vit que pour intégrer le centre national d'entraînement de Roland Garros. Et d'entamer un pas de deux incertain, à la poursuite de leurs rêves... Il est beaucoup question de lignes, celles qu'il convient de franchir ou pas, dans Terre battue, premier long métrage de Stéphane Demoustier où le sport se pose en métaphore violente d'une société ayant érigé la concurrence et la réussite en vertus cardinales. Librement inspiré d'un fait divers, l'argument peut parfois sembler un peu court, et l'ascétisme tendre au schématisme. Procédant avec un sens aiguisé de l'observation, le réalisateur réussit néanmoins à livrer le portrait sensible d'un monde où les centres commerciaux tiennent lieu de cathédrales, paysage morne pour temps de crises, sociale comme morale. Non sans trouver dans son duo d'interprètes principaux matière à donner chair à ses intentions: Olivier Gourmet (lire son interview dans le Focus du 23 janvier) et Charles Mérienne sonnent juste, et quand le premier entonne, lors de quelque virée automobile nocturne improbable, le J'ai dix ans d'Alain Souchon, il est impossible de ne pas penser à La Promesse, le film des frères Dardenne qui le révélait il y aura bientôt 20 ans...

  • De Stéphane Demoustier. Avec Olivier Gourmet, Charles Mérienne, Valeria Bruni Tedeschi. 1h35. Sortie: 21/01.

Nos partenaires