[Critique ciné] Que Dieu nous pardonne, très convaincant

18/10/17 à 09:03 - Mise à jour à 09:06
Du Le Vif Focus du 13/10/17

FILM POLICIER | Le cinéma de genre connaît en Espagne une floraison des plus intéressantes. Dans le polar surtout.

[Critique ciné] Que Dieu nous pardonne, très convaincant

Ils s'appellent Alfaro et Velarde. Ils font équipe au sein de la police judiciaire de Madrid, au tout début des années 2010. Les forces de l'ordre sont mobilisées par la visite du Pape Benoît XVI, mais pour notre tandem, remonter la piste d'un tueur en série est la priorité. Un homme agresse, viole et tue des dames d'âge (très) mûr, sans rien leur voler, comme mû par une pulsion dont les racines profondes mènent peut-être à son identification. De scène de crime en scène de crime, Alfaro le costaud violent et Velarde l'intello tourmenté connaîtront la nausée, la frustration, sans perdre de vue leur objectif devenu quête: trouver le coupable et le mettre hors d'état de nuire...

Le cinéma de genre connaît en Espagne une floraison des plus intéressantes. Dans le polar surtout. Après le très remarquable La Isla minima, mettant en scène un duo de flics dissemblables sur fond de politique et d'Histoire, voici Que Dios nos perdone, plus réaliste de style mais également habité d'un captivant sous-texte. Tout en tenant pleinement la distance sur le plan du récit, le film de Rodrigo Sorogoyen révèle une thématique sous-jacente: celle de la masculinité en crise, danger pour les autres mais aussi pour elle-même dans un monde qui change et où le machisme traditionnel se cherche encore des exutoires. Antonio de la Torre (Velarde) et Roberto Alamo (Alfaro) sont très convaincants dans les rôles principaux. Quant à la mise en scène, si elle manque par endroits de subtilité, son efficacité globale donne au film un alliage prenant de percussion narrative et de douloureuse épaisseur humaine.

De Rodrigo Sorogoyen. Avec Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Pereira. 2h06. Sortie: 18/10. ***(*)

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