[Critique ciné] Nico, 1988: euro-pudding fadasse

17/04/18 à 13:10 - Mise à jour à 13:11
Du Le Vif Focus du 12/04/18

DRAME | Le film semble vouloir éviter le piège du biopic classique, mais n'en carbure pas moins assez prosaïquement aux anecdotes de type Rock & Folk pour les nuls.

[Critique ciné] Nico, 1988: euro-pudding fadasse

En se concentrant sur les trois dernières années de l'existence de Christa Päffgen, alias Nico, le film semble vouloir éviter le piège du biopic classique, mais n'en carbure pas moins assez prosaïquement aux anecdotes de type Rock & Folk pour les nuls (ces inserts d'archives maladroits suggérant qu'elle est hantée par son passé d'égérie de la Factory; ces allusions insistantes à Alain Delon, paternel de son fiston; ces flash-backs hors propos de Berlin sous les bombes...). De son propre aveu, la vie artistique de Nico a débuté après son expérience de chanteuse au sein du Velvet Underground, à l'aune d'une carrière solo initiée dès 1967 et le sublime Chelsea Girl. Vingt ans plus tard, la Teutonne à la voix sépulcrale, ici interprétée par la Danoise Trine Dyrholm (Kollektivet de Thomas Vinterberg en 2016), se débat avec les aléas foireux d'une tournée chaotique à travers le Vieux Continent en ange résolument déchu, au bout du scotch. Beauté fanée aux manières rustres très appuyées s'injectant sa dose impérieuse d'héroïne dans une cheville tuméfiée, elle méritait en tout cas mieux que cet euro-pudding fadasse au manque patent de moyens, d'enjeux et d'ambitions, alignant les lieux communs (la beauté est une malédiction, ce genre) et les dialogues sursignifiants d'une platitude absolue. L'Italienne Susanna Nicchiarelli filme mal la musique live, l'ensemble, aux velléités crépusculaires, finissant bien malgré lui par illustrer un certain état d'esprit: désincarné.

De Susanna Nicchiarelli. Avec Trine Dyrholm, John Gordon Sinclair, Anamaria Marinca. 1 h 33. Sortie: 18/04. **(*)

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