[Critique ciné] Mother! de Darren Aronofsky, thriller cérébral et apocalyptique

13/09/17 à 16:18 - Mise à jour à 16:24
Du LeVif Focus du 15/09/17

THRILLER PSYCHOLOGIQUE | Aronofsky se rêve en formaliste visionnaire aux fulgurances cosmiques quand il s'égare dans le brouillard artificiel d'un éprouvant salmigondis.

[Critique ciné] Mother! de Darren Aronofsky, thriller cérébral et apocalyptique
[Critique ciné] Mother! de Darren Aronofsky, thriller cérébral et apocalyptique

De Pi à Requiem for a Dream, de The Fountain à The Wrestler, de Black Swan à Noah, on connaît l'importance que la musique, invariablement confiée aux bons soins du compositeur britannique Clint Mansell, a toujours eue dans le cinéma de Darren Aronofsky. Pas une note ne vient pourtant aujourd'hui émailler la paire d'heures qui précède le générique final de Mother!. "La bande-son du film, c'est Jennifer elle-même", estime le cinéaste. Et la caméra semble en effet rivée au visage tourmenté de l'actrice du premier au dernier de ces longs travellings sinueux qui composent ce thriller cérébral et apocalyptique, comme autant de percées invasives au coeur de la psyché poreuse d'une maison figurée en grand corps meurtri. Renvoyant à Polanski, Buñuel, Zulawski, Lars von Trier ou Kubrick, Aronofsky se rêve en formaliste visionnaire aux fulgurances cosmiques quand il s'égare dans le brouillard artificiel d'un éprouvant salmigondis. Si le film, doloriste au possible, prend un malin plaisir à maltraiter son héroïne, que dire en effet du calvaire qu'il finit par infliger à ses spectateurs? Symphonie du chaos placée sous le sceau du mythe des origines et des récits bibliques, Mother! ne fait l'économie d'aucune métaphore ampoulée. Le point d'exclamation semblant n'être présent dans le titre du septième long métrage de Darren Aronofsky que pour en souligner les penchants outranciers. Intense, certes, le résultat n'en apparaît pas moins bouffi, mégalo et fumeux, même si l'on se doit de saluer à quel point le réalisateur new-yorkais maîtrise sa grammaire cinématographique, le temps surtout d'une première moitié de film à la vénéneuse étrangeté.

De Darren Aronofsky. Avec Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris. 2h01. Sortie: 13/09. **(*)

>> Lire également notre interview de Darren Aronofsky.

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