[Critique ciné] Médecin de campagne, juste et généreux

23/03/16 à 11:50 - Mise à jour à 12:00

Source: Focus Vif

COMÉDIE DRAMATIQUE | Le milieu médical inspire décidément Thomas Lilti, dont le premier long métrage Hippocrate (2014) narrait avec bonheur les mésaventures d'un jeune interne remarquablement campé par Vincent Lacoste.

[Critique ciné] Médecin de campagne, juste et généreux

François Cluzet dans Médecin de campagne, de Thomas Lilti. © DR

Lui-même médecin généraliste -un cumul inédit!-, le réalisateur français sait de quoi il parle, et on s'en aperçoit encore avec son nouveau film. Quittant la grande ville pour le monde rural, et l'hôpital pour un cabinet de province, Lilti prend pour personnage central un praticien dévoué, à l'idéalisme patiné d'expérience concrète et à l'humanité aussi discrète que lumineuse. Un rôle parfait pour François Cluzet, immédiatement crédible et jouant la nuance avec l'art qu'on lui connaît. On aime son bon docteur Werner, et on prend de plein fouet avec lui le choc d'un méchant cancer qu'il choisit de ne pas combattre, préférant poursuivre sa tâche avec l'aide d'un collègue. Lequel se révélera femme et vaincra les réticences professionnelles de son patron, avant plus peut-être...

Marianne Denicourt, présente déjà dans Hippocrate, fait ce qu'elle peut dans le personnage du docteur Delezia. Mais le film n'en penche pas moins vers son partenaire, admirable il est vrai. Et l'équilibre du grave et du léger (l'humour en contrepoint) se fait par endroits laborieux. Il reste heureusement à Médecin de campagne une justesse, une générosité, que porte à merveille son acteur principal. Et malgré quelques facilités de scénario, on s'attache au parcours d'un héros quotidien, solitaire solidaire, incarnation d'une profession en voie de lente et tragique disparition du paysage provincial.

DE THOMAS LILTI. AVEC FRANÇOIS CLUZET, MARIANNE DENICOURT, ISABELLE SADOYAN. 1H42. SORTIE: 23/03.

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