[Critique ciné] Madame Hyde, drôle de petit objet flottant

03/04/18 à 13:10 - Mise à jour à 29/03/18 à 11:28
Du Le Vif Focus du 29/03/18

COMEDIE FANTASTIQUE | Isabelle Huppert irradie de mille feux en torche humaine qui s'enflamme bien au-delà de sa seule crinière incandescente.

[Critique ciné] Madame Hyde, drôle de petit objet flottant

À l'origine, une vraie proposition de cinéma: se confronter aux problématiques les plus prosaïques de la société contemporaine (la banlieue, le racisme, l'éducation...) par le biais de la stylisation. C'est-à-dire en ne s'embarrassant pas de vraisemblance. Transposition libre en milieu scolaire du classique de Stevenson, Madame Hyde orchestre la métamorphose de madame Géquil, prof de physique ratée à la discrétion embarrassée, foudroyée au cours d'une expérience dans son laboratoire... Si, comme le rappelle le film, la ligne droite est toujours le chemin le plus court entre deux points, Serge Bozon ( Mods, Tip Top) prend un malin plaisir à multiplier les détours. Cinéaste du dérèglement, il enquille les clins d'oeil à l'univers des super-héros (un jet d'encre en forme de toile de Spider-Man, un polo frappé du numéro du joueur de foot brésilien Hulk...) afin de mieux tordre le cou à l'idéologie Marvel. D'abord à contre-emploi en enseignante falote au manque criant d'autorité, Isabelle Huppert irradie pourtant de mille feux en torche humaine qui s'enflamme bien au-delà de sa seule crinière incandescente. Mais il est moins question ici de super-pouvoir que d'apprentissage, et de l'épanouissement lié à l'idée même de transmission: donner de la chaleur, au risque de tout brûler... Co-scénarisé avec sa compagne Axelle Ropert, le Madame Hyde de Bozon est un drôle de petit objet flottant, à l'artificialité revendiquée, dont les enjeux se font hélas de plus en plus brouillons à mesure qu'il durcit son propos.

De Serge Bozon. Avec Isabelle Huppert, Romain Duris, José Garcia. 1 h 35. Sortie: 04/04. ***

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